Village d'irréductibles

Israël demande un délai pour la démolition d'un village bédouin

ATS

5.9.2021 - 21:52

Le gouvernement israélien a demandé dimanche à la Cour suprême un délai de six mois pour répondre à une demande en faveur de la démolition d'un village bédouin palestinien en Cisjordanie occupée. Celui-ci est devenu emblématique de l'opposition à la colonisation israélienne.

ATS

5.9.2021 - 21:52

West Bank Bedouin community of Khan al-Ahmar is seen, Sunday, Oct. 21, 2018. Israeli Prime Minister Benjamin Netanyahu said Sunday he has decided to postpone the planned demolition of a West Bank hamlet to allow time for a negotiated solution with its residents, in a move that appeared aimed at staving off the fierce international condemnation such a demolition would likely entail. (AP Photo/Majdi Mohammed)
Des pays étrangers avaient déjà indiqué à Israël que la destruction du village de Khan al-Ahmar, pourrait violer la Convention de Genève et ainsi constituer un crime de guerre. (archives)
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Planté à la sortie de Jérusalem, le hameau de Khan al-Ahmar, où vivent environ 200 bédouins, est coincé entre deux colonies, Maalé Adoumim et Kfar Adoumim, que certains ténors de la droite israélienne souhaitent annexer à Israël.

Côté palestinien, Khan al-Ahmar s'est imposé comme un des symboles de la lutte contre l'expansion des colonies israéliennes en Cisjordanie occupée, des implantations contraires au droit international où vivent désormais plus de 475'000 personnes.

Khan al-Ahmar est situé dans la zone C de la Cisjordanie occupée, sous contrôle militaire d'Israël, qui accuse les bédouins palestiniens de s'être installés sur place illégalement.

Destruction ordonnée

Après des années de tractations et une bataille juridique visant à permettre aux bédouins de rester sur cette terre, la Cour suprême d'Israël, plus haut tribunal du pays, avait ordonné il y a trois ans la destruction de ce village de tôle et de toile.

Face à la controverse, et des pressions de pays européens, l'ancien Premier ministre Benjamin Netanyahu avait décidé de reporter sine die la démolition du village.

Mais l'organisation de droite Regavim, qui soutient le développement des colonies, avait déposé l'année suivante une plainte pour que le gouvernement mette en oeuvre l'ordre de démolition.

Le gouvernement israélien a demandé à plusieurs reprises des délais à la Cour pour répondre à la plainte de Regavim, mais en juillet dernier la justice a donné aux autorités jusqu'au 5 septembre inclus pour présenter sa réponse.

Document secret

Or dimanche soir, le gouvernement du Premier ministre Naftali Bennett, qui a succédé en juin à Benjamin Netanyahu, a demandé un nouveau délai de six mois dans cette affaire, évoquant un document secret que le ministère des Affaires étrangères a présenté au tribunal lors d'une audience à huis clos.

«L'échelon politique a décidé qu'il y avait encore besoin de temps avant de faire respecter les ordres de démolition», a indiqué le ministère de la Justice, précisant qu'il allait informer le tribunal des «progrès» dans cette affaire le 6 mars 2022, dans six mois.

Des pays étrangers avaient déjà indiqué à Israël que la destruction du village de Khan al-Ahmar, pourrait violer la Convention de Genève et ainsi constituer un crime de guerre.

ATS