L'armée dégage les accès de la ville meurtrie par la neige 

ATS

9.1.2022 - 11:09

Les secouristes pakistanais s'efforçaient dimanche de dégager les routes d'accès à la ville de montagne où étaient bloqués des milliers de touristes et où sont mortes 22 personnes dans leurs véhicules coincés par la neige.

Les visiteurs avaient afflué la semaine dernière dans la petite ville de Murree, 70 kilomètres au nord-est de la capitale Islamabad, pour profiter de la neige tombée inhabituellement en abondance.
ATS

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9.1.2022 - 11:09

Les visiteurs avaient afflué la semaine dernière dans la petite ville de Murree, 70 kilomètres au nord-est de la capitale Islamabad, pour profiter de la neige tombée inhabituellement en abondance.

Mais vendredi, une tempête a abattu des arbres et bloqué les routes étroites menant à cette ville à flanc de colline située à 2400 mètres d'altitude.

«Sans précédent»

«Ce n'était pas de la neige (...), c'était sans précédent», a commenté pour l'AFP un responsable de la ville voisine de Nathia Gali, selon qui de un à 1,5 m de neige sont tombés en quelques heures.

«Je n'ai jamais vu une tempête de neige aussi énorme de ma vie. Il y avait des vents violents, des arbres déracinés, des avalanches. Les gens étaient terrifiés», a-t-il ajouté.

Selon les autorités, près de 100'000 visiteurs s'étaient pressés dans la ville vendredi, provoquant un énorme embouteillage avant même la tempête.

Froid ou monoxyde de carbone

Elles ont indiqué que 22 personnes sont mortes dans leurs véhicules dans la nuit de vendredi à samedi, à cause du froid ou intoxiquées au monoxyde de carbone respiré dans l'habitacle de leurs voitures. Dix enfants, dont six morts aux côtés de leur mère et de leur père, un policier, font partie des victimes.

Le quotidien Dawn a publié une retranscription du dernier appel de ce policier, Naveed Iqbal, à un de ses fils à Islamabad: «Nous allumons le chauffage et allons dormir».

Les corps de Naveed Iqbal et sa famille ont été ramenés samedi soir, dans des cercueils en bois, à Islamabad où environ environ 300 proches et voisins en pleurs les ont accueillis, selon un photographe de l'AFP.

Responsables critiqués

Le Premier ministre, Imran Khan, s'est dit bouleversé par la tragédie, ajoutant que les chutes de neige et l'afflux de touristes avaient «pris l'administration du district au dépourvu».

Plusieurs médias pakistanais ont toutefois critiqué les responsables locaux, notant que les services météorologiques avaient averti dès jeudi des risques de tempête.

«Il est particulièrement recommandé aux autorités concernées de rester «EN ALERTE"», a déclaré jeudi le Centre national de prévision météorologique, prévoyant de «fortes chutes de neige» risquant d'entraîner des fermetures de routes autour de Murree.

Priorité au sauvetage

Les autorités ont promis une enquête, ajoutant que «s'il y a une quelconque forme de négligence, des mesures seront prises». «Notre priorité était le sauvetage, qui est en cours, puis l'aide», a précisé dimanche Hassan Khawar, porte-parole du gouvernement de la province du Pendjab, sur Twitter.

L'armée pakistanaise a affirmé avoir sorti tous les survivants des voitures coincées, précisant que plus de 1000 véhicules abandonnés entravaient les efforts des déneigeuses.

Dans les jours précédant la catastrophe, de nombreuses photos partagées sur les réseaux sociaux montraient des touristes jouant dans la neige autour de Murree, ville fondée au 19e siècle par les Britanniques comme sanatorium pour leurs troupes coloniales.

Tarifs abusifs

Le week-end dernier déjà, les autorités municipales avaient prévenu que trop de véhicules tentaient d'accéder à la ville. De nombreux Pakistanais se sont en outre plaints dimanche que les hôteliers et propriétaires de maisons d'hôtes avaient aggravé le problème en pratiquant des tarifs abusifs, incitant certains à passer la nuit dans leurs voitures.

«Les choses auraient été différentes si la population et les hôtels avaient été coopératifs, mais la réputation et la conduite des habitants sont très mauvaises à cet égard», a déclaré à l'AFP un haut responsable gouvernemental sous couvert d'anonymat.

Selon divers témoignages, des habitants ont toutefois ouvert leurs maisons et offert à manger et des couvertures aux touristes bloqués.

ATS