CorruptionL'ex-premier ministre moldave Vlad Filat condamné en France
ATS
22.12.2025 - 15:08
La justice française a condamné début décembre par défaut un ancien premier ministre moldave, Vlad Filat, à deux ans de prison et 100'000 euros d'amende pour blanchiment dans une affaire de corruption autour du marché de la loterie nationale moldave, selon le jugement dont a eu connaissance l'AFP lundi.
le tribunal correctionnel de Paris a décerné un mandat d'arrêt à l'encontre de M. Filat (photo prétexte, archives).
IMAGO/Travel-Stock-Image
Keystone-SDA
22.12.2025, 15:08
ATS
Dans cette décision datée du 8 décembre, le tribunal correctionnel de Paris a décerné un mandat d'arrêt à l'encontre de M. Filat, celui-ci ne s'étant pas présenté à son procès.
Le tribunal a également condamné son ex-épouse à 18 mois de prison avec sursis et une amende de 150'000 euros. Elle devra par ailleurs payer, solidairement avec M. Filat, 10'000 euros à l'Etat de Moldavie pour préjudice moral.
Vlad Filat, 56 ans, qui fut premier ministre en Moldavie de 2009 à 2013, avait été condamné dans son pays en 2016 à neuf ans de prison pour corruption et abus de pouvoir, accusé d'avoir détourné 260 millions de dollars dans une affaire de fraude portant sur un total d'un milliard de dollars. Il est sorti de prison en 2019, selon la télévision locale, et dirige le Parti libéral démocrate de Moldavie (PLDM, pro-européen).
Dans l'affaire jugée en France, il a été condamné pour blanchiment de l'infraction de corruption d'agent public étranger, pour avoir acquis avec son ex-épouse en 2012 et 2014 des biens immobiliers, notamment en Haute-Savoie, via des sociétés et un prête-nom et grâce à des sommes provenant d'une société canadienne qui avait remporté en 2011, lorsqu'il était chef du gouvernement, le marché de la loterie nationale moldave.
Décision «politique»
Dans sa décision, le tribunal correctionnel a estimé que M. Filat avait «en conscience, blanchi le produit de sa propre corruption alors qu'il dirigeait le gouvernement de son pays et qu'il devait, à ce titre, agir pour l'intérêt général».
«Ce blanchiment est en outre à mettre en perspective avec d'une part la fragilité économique et le faible développement de la Moldavie et, d'autre part, les valeurs démocratiques et de transparence portées par le parti qu'il dirigeait, tourné vers l'Union Européenne», souligne le tribunal, qui a ordonné la confiscation des biens immobiliers.
Sur Facebook, M. Filat a dénoncé lundi une décision ayant une motivation «politique» et «fortement influencée par la République de Moldavie», jugeant sa mise en cause «injustifiée». «L'affaire concerne exclusivement l'achat d'une maison en France, et la poursuite de la procédure devant la justice française repose sur un faux témoignage», a-t-il affirmé, indiquant avoir fait appel.