Plante invasiveL'expansion du laurier-cerise inquiète dans le canton de Neuchâtel
ATS
10.4.2026 - 10:49
Considéré comme une plante invasive, le laurier-cerise a peu à peu remplacé les tuyas dans de nombreux jardins privés. La propagation de cette espèce inquiète, notamment sur le littoral neuchâtelois.
L'expansion de cette plante, aussi appelée «laurelle», préoccupe le SFFN depuis plusieurs années.
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Keystone-SDA
10.04.2026, 10:49
10.04.2026, 10:50
ATS
Le laurier-cerise, facile d'entretien et économique a longtemps représenté une option intéressante pour les propriétaires. Reconnaissable à ses fleurs blanches et à ses longues feuilles, il forme des haies qui restent vertes toute l'année. Mais cette espèce invasive n'est pas favorable à la biodiversité, explique vendredi Yannick Storrer, collaboratrice au Service neuchâtelois de la faune, des forêts et de la nature (SFFN), revenant sur une information du quotidien Arcinfo.
Cette espèce a peu à peu remplacé les tuyas, attaqués par un champignon. Elle présente un feuillage persistant, été comme hiver. De plus, les oiseaux apprécient beaucoup ses fruits et, souvent, ne laissent que les noyaux, qui peuvent finir dans des forêts.
«Concurrence»
«Le laurier-cerise pousse vite, cela fait de la concurrence au niveau du rajeunissement forestier et de la biodiversité», poursuit Yannick Storrer. L'expansion de cette plante, aussi appelée «laurelle», préoccupe le SFFN depuis plusieurs années. Toutefois, son essor a été important ces dernières années. Si sa présence est plus ou moins marquée selon les endroits et les interventions humaines, le laurier-cerise est bien implanté sur le littoral neuchâtelois.
Le SFFN effectue notamment un travail de prévention auprès des propriétaires et leur propose des alternatives au laurier-cerise. «La plupart des gens ne pensent pas mal faire», reconnaît Yannick Storrer, qui recommande de planter des haies indigènes et diversifiées.
Interdit à la vente
Le laurier-cerise, originaire d'Asie, est interdit à la vente depuis un renforcement de l'ordonnance fédérale sur la dissémination dans l'environnement, en septembre 2024. Celle-ci concerne 53 plantes au total. Cette interdiction permet une cohérence avec les actions de lutte, souligne Yannick Storrer. «C'est un soutien important.»
Il n'est toutefois pas obligatoire d'arracher les lauriers-cerises qui étaient déjà plantés. Yannick Storrer souhaite que les propriétaires concernés remplacent ces plantes ou, au moins, les taillent correctement.
Dans le canton de Neuchâtel, le Grand Conseil devrait se prononcer cette année sur une modification de la loi sur la protection de la nature, souligne Arcinfo. Selon le Conseil d'Etat, cette modification «prévoit une collaboration étroite entre les communes et les privés» ainsi qu'"un subventionnement des mesures de sensibilisation ou de lutte.»