Nouvel An birman La Birmanie annule toutes les condamnations à mort

ATS

17.4.2026 - 08:48

La Birmanie a annoncé vendredi l’annulation de toutes les condamnations à mort, dans une décision marquante. Cette mesure fait partie des premières initiatives officielles de Min Aung Hlaing depuis son installation récente comme président, cinq ans après son coup d’État militaire.

Le président nouvellement élu du Myanmar, Min Aung Hlaing, salue la foule en quittant le Parlement de l'Union après la cérémonie de prestation de serment à Naypyidaw, au Myanmar, le vendredi 10 avril 2026. (Photo AP/Aung Shine Oo)
Le président nouvellement élu du Myanmar, Min Aung Hlaing, salue la foule en quittant le Parlement de l'Union après la cérémonie de prestation de serment à Naypyidaw, au Myanmar, le vendredi 10 avril 2026. (Photo AP/Aung Shine Oo)
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Célébré toute la semaine, le Nouvel An birman, Thingyan, est marqué par des aspersions d'eau massives symbolisant le renouveau et la purification des péchés.

Il est traditionnellement l'occasion de larges amnisties et celles de cette année étaient particulièrement attendues dans un contexte de transition à la tête du pays.

Une semaine après avoir prêté serment en tant que président à l'issue d'un processus électoral décrié à l'étranger, Min Aung Hlaing a ordonné la levée des toutes les condamnations à mort.

«Les personnes purgeant des peines de mort verront leurs peines commuées en emprisonnement à vie», a indiqué le dirigeant de 69 ans dans un communiqué.

Selon des défenseurs des droits humains, la junte qui a pris le pouvoir en 2021 a alors relancé les exécutions, après des décennies d'interruption, à destination des dissidents.

Plus de 130 personnes ont été condamnées à mort l'année suivante, d'après l'ONU, mais les chiffres précis sont difficiles à établir dans un pays au système judiciaire opaque, en proie à une guerre civile.

La mesure s'inscrit dans le cadre d'une amnistie plus large. Plus de 4.300 prisonniers doivent être libérés au total, ainsi que près de 180 ressortissants étrangers, et toutes les peines inférieures à 40 ans doivent être réduites d'un sixième.

Une réalisatrice libérée

A l'extérieur de la prison d'Insein à Rangoun, des familles attendaient sous une chaleur écrasante de savoir si leurs proches incarcérés feraient partie des graciés.

«Mon frère a été emprisonné pour des raisons politiques», a déclaré à l'AFP Aung Htet Naing, 38 ans. «Il n'a pas été inclus dans les grâces précédentes donc on ne veut pas nourrir trop d'espoirs».

La journaliste et réalisatrice de documentaires Shin Daewe est elle sortie de prison, un peu plus de deux ans après avoir été condamnée à la perpétuité -- une peine ensuite réduite à 15 ans -- pour «complicité de terrorisme».

«La plus grande joie est de pouvoir retrouver ma famille», a-t-elle dit. «J'ai eu de la chance aujourd'hui. Mais ce n'est pas le cas de beaucoup de mes amis qui sont restés à l'intérieur».

Une répression toujours massive malgré les amnisties

Selon l'Association d'aide aux prisonniers politiques, plus de 30.000 personnes ont été emprisonnées pour des motifs politiques depuis le coup d'Etat de 2021.

Ce dernier a plongé la Birmanie dans une guerre civile, des militants pro-démocratie ayant pris les armes contre la junte, aux côtés de mouvements armés issus de minorités ethniques longtemps hostiles au pouvoir central.

La prisonnière politique la plus célèbre du pays, la prix Nobel de la paix Aung San Suu Kyi, purge une peine de 27 ans dans un endroit tenu secret.

Min Aung Hlaing a été installé à la présidence la semaine dernière après des élections législatives dénoncées par de nombreux pays étrangers comme une manoeuvre pour prolonger le régime militaire sous un déguisement civil.

Cette transition s'est accompagnée de reculs sur certaines mesures de répression mises en place par la junte au cours des cinq dernières années.

Des gestes présentés comme des efforts de réconciliation, mais que des observateurs qualifient de mesures cosmétiques destinées à changer l'image du nouveau gouvernement, composé en majorité d'anciens militaires.