«Un schéma clair» La stratégie d'ingérence «systémique» dans le G7 de la Chine

ATS

28.5.2026 - 00:10

La Chine déploie une stratégie d'ingérence de long terme dans les pays du G7, «systémique et adaptative», mêlant activités légitimes et clandestines, exploitant les failles des sociétés ouvertes, avec un réseau de plus de 2000 organisations, selon le rapport d'un centre de recherche canadien publié mercredi.

En France par exemple, la stratégie chinoise s'appuie notamment sur des personnalités politiques, soit en offrant à d'anciens responsables une «visibilité grâce à des institutions liées à la Chine», soit en exploitant «l'alignement idéologique» avec Pékin.
En France par exemple, la stratégie chinoise s'appuie notamment sur des personnalités politiques, soit en offrant à d'anciens responsables une «visibilité grâce à des institutions liées à la Chine», soit en exploitant «l'alignement idéologique» avec Pékin.
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Sous la houlette du Département du travail du front uni (UFWD en anglais) du parti communiste chinois, la Chine déploie une «méthode d'influence qui opère par le biais de canaux politiques, économiques, universitaires et sociétaux», selon le rapport «Protection du G7, contrer les interférences de Pékin» du centre de recherche MIGS basé à Montréal.

«Un schéma clair se dégage dans les pays du G7», avec une stratégie d'ingérence «systémique, adaptative et ancrée dans le fonctionnement normal des sociétés ouvertes», écrit le MIGS, passant en revue la situation dans les sept pays de ce groupe des démocraties libérales avancées (Etats-Unis, France, Royaume-Uni, Allemagne, Italie, Japon, Canada).

Leurs chefs d'Etat et de gouvernement se réuniront pour un sommet mi-juin à Evian, pour tenter de coordonner leurs politiques dans un contexte marqué par la brutalisation des rapports internationaux et la compétition des grandes puissances.

Certains pays tentent d'exploiter la perméabilité de ces sociétés démocratiques pour y conduire différentes opérations, qu'il s'agisse d'influencer des élections, manipuler les opinions, persécuter des opposants réfugiés dans ces pays, soutirer des secrets industriels...

Influences et ingérences

«La Chine a développé un réseau de plus de 2000 organisations (...), dont plus de 900 aux États-Unis. Ces entités englobent des associations professionnelles, des groupes d'étudiants, des organisations culturelles et des plateformes médiatiques», recense le MIGS. «Bien que non intrinsèquement illégales, leur effet cumulatif est de façonner les débats politiques, d'influencer le discours public et, dans certains cas, de faciliter l'accès à des avantages stratégiques».

«Il s'agit d'un défi collectif pour la gouvernance démocratique, la souveraineté et l'intégrité du débat public au sein du G7», affirme le centre de recherche, qui propose une série de mesures telles que la création d'un mécanisme de coordination sur les ingérences, l'établissement d'un registre commun des organisations et personnes lié au réseau d'influence chinoise, l'harmonisation des législations, etc.

En France par exemple, la stratégie chinoise s'appuie notamment sur des personnalités politiques, soit en offrant à d'anciens responsables une «visibilité grâce à des institutions liées à la Chine», soit en exploitant «l'alignement idéologique» avec Pékin.

La Chine agit aussi aux échelons locaux et académiques. «Les régions stratégiques, les pôles industriels, les ports et les centres de recherche sont ciblés par le biais de partenariats économiques, de coopérations universitaires et de projets d'infrastructure tels que la 5G», recense le MIGS.