La détention à la prison de Sion est-elle trop sévère?

zd, ats, la Rédaction de Blue News

4.8.2021 - 12:03

Une femme de 44 ans, écrouée à la prison de Sion, a été découverte sans vie lundi matin dans sa cellule. Le Ministère public a ouvert une enquête pour établir les circonstances de ce décès, alors qu'un autre détenu avait déjà été retrouvé mort dans sa cellule il y a moins d'un mois.

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4.8.2021 - 12:03

Les deux suicides survenus en peu de temps à la prison de Sion interpellent quant aux conditions de détention de l'établissement. (image d'illustration)
KEYSTONE

La victime, de nationalité étrangère et domiciliée en Valais, a été découverte inanimée dans sa cellule par un agent de détention, indiquait lundi après-midi le Service de l'application des peines et mesures (SAPEM) dans un communiqué. Dépêchés sur place, les secours, qui ont pris le relais de l'agent, «ne sont pas parvenus à la réanimer».



Le 13 juillet, un autre détenu, âgé de 45 ans, avait été retrouvé sans vie dans sa cellule. «C'est une tragique coïncidence», réagissait lundi auprès de Keystone-ATS Georges Seewer, chef du SAPEM.

Dans son édition de ce 4 août, le Nouvelliste consacre une page complète à ces deux événements rapprochés, pourtant sans lien apparent. Les deux suicides ont eu lieu lors de détentions préventives.

Le premier détenu aurait eu du mal à supporter le poids d'une affaire de moeurs dans laquelle il était impliqué, la seconde, aux tendances suicidaires connues, aurait «mal vécu son emprisonnement», d'après un témoin mentionné par le Matin.  

«La plus dure de Suisse romande»

Même si le quotidien valaisan relève que, jusque-là, seulement cinq décès avaient été enregistrés à la prison de Sion en quinze ans, il donne aussi la parole à «un observateur de l'univers carcéral valaisan», qui dénonce: «Quand on veut faire peur à un détenu, on lui dit qu’on va le transférer à Sion, prison réputée la plus dure de Suisse romande. Il y a bien sûr eu des améliorations et une volonté dans ce sens (...), mais ce sont de tout petits pas. Des détenus s’enfoncent psychologiquement, prennent de plus en plus de médicaments et sont très fragilisés.»

Citant un rapport de 2015 de la Commission nationale de prévention de la torture (CNPT), le Nouvelliste rapporte également que les conditions de détention préventive de l'établissement sédunois y étaient alors jugées «trop strictes».  

Mesures et améliorations

Interpellé par nos confrères valaisans, Georges Seewer répond: «Si nous voyons des indices d’un possible passage à l’acte, plusieurs scénarios sont mis en place pour éviter un drame». Il cite notamment le fait de placer un détenu qui présente des signes de fragilité psychologique avec une autre personne.  

Georges Seewer affirme également que les «contrôles de vie matinaux» ont bel et bien lieu, contredisant l'un des témoins interrogés par le journal, et qu'un suivi médical «qui mérite son nom» est en place au sein de la prison, en collaboration avec l'Hôpital du Valais. 

Par ailleurs, des améliorations ont été apportées depuis le rapport de la CNPT en 2015. Le nombre de collaborateurs de l'établissement pénitentiaire a augmenté de 40%, les détenus participent à des séances de sport et à des promenades quotidiennes. Les coups de fil sont en outre autorisés pour les détenus en préventive et l'accès aux visites médicales a été amélioré.

Le Nouvelliste relate enfin que deux surveillants de nuit sillonnent les couloirs de la prison, contre un seul il y a six ans.

zd, ats, la Rédaction de Blue News