Sarah Everard a été victime d'une «fausse arrestation»

ATS

29.9.2021 - 19:13

ATS

29.9.2021 - 19:13

Le policier ayant reconnu le meurtre de la Londonienne Sarah Everard a mis en scène une «fausse arrestation», prétextant une infraction au confinement pour la kidnapper, a indiqué mercredi le procureur. La disparition de la jeune femme avait bouleversé les Britanniques.

epa09073096 People attend a vigil by a band stand in Clapham Common, near where Sarah Everard was last seen alive on 03 March, after the Reclaim These Streets vigil for Sarah Everard was officially cancelled in London, Britain, 13 March 2021. A serving police constable has appeared in court charged with kidnapping and killing of Sarah Everard who went missing while walking home from a friend's flat in south London. EPA/JOSHUA BRATT
Des centaines de gens s'étaient réunis après ce meurtre
KEYSTONE

L'homme de 48 ans, agent de l'unité de la police de Londres chargée de la protection des représentations diplomatiques, avait plaidé coupable de l'enlèvement, du viol et du meurtre en mars de la jeune responsable marketing de 33 ans, une affaire qui a déclenché une vague de témoignages sur la sécurité des femmes.

Cet homme marié et père de deux enfants a comparu à la cour criminelle de l'Old Bailey, à Londres, pour le premier de deux jours d'audience à l'issue desquels sa peine sera prononcée.

Le procureur Tom Little a expliqué que le policier avait procédé à une «fausse arrestation» de la jeune femme, enlevée le 3 mars alors qu'elle rentrait chez elle à pied après avoir quitté le domicile d'amis à Clapham, dans le sud de la capitale. Le policier, qui avait fait partie de patrouilles destinées à faire appliquer les règles anti Covid-19, l'a menottée, lui montrant sa carte professionnelle.

Un couple qui passait en voiture a assisté à la scène, la passagère constatant que l'homme passait les menottes à Sarah Everard et imaginant que celle-ci «avait dû faire quelque chose de mal». «En fait, ils assistaient au kidnapping de Sarah Everard», a déclaré le procureur.

«Prédateur» et «monstre»

Sarah Everard avait été retrouvée morte étranglée et son corps brûlé sept jours après sa disparition dans un bois du Kent (sud-est de l'Angleterre), à quelques mètres d'un terrain appartenant au policier. Des images de vidéo surveillance avaient permis aux enquêteurs d'identifier et d'arrêter le 9 mars l'homme à son domicile de Deal, dans le Kent.

«Je suis outrée qu'il ait joué sur le fait d'être un policier pour obtenir ce qu'il voulait», s'est indignée à l'audience la mère de la victime, «hantée par l'horreur». Sarah n'est «jamais rentrée chez elle parce qu'un prédateur – vous – étiez en liberté», a affirmé sa soeur, en essayant vainement de capter le regard du prévenu. «Mon seul espoir est qu'elle était en état de choc et n'avait pas conscience des choses dégoûtantes que lui faisait subir un monstre», a-t-elle ajouté avant de fondre en larmes.

«On ne nous fera pas taire»

Le décès de Sarah Everard avait provoqué une vive émotion dans le pays. Des milliers de femmes avaient confié sur les réseaux sociaux leur sentiment d'insécurité, appelant les responsables politiques à agir contre les violences faites aux femmes. Des manifestants se sont réunis mercredi matin devant le tribunal, brandissant des banderoles proclamant «La police a du sang sur les mains» ou encore «On ne nous fera pas taire».

Selon le procureur Tom Little, ce cas «sans précédent» pourrait justifier de condamner le prévenu à la prison à vie. L'ex-policier, dont la sentence devrait être prononcée jeudi, avait déjà été visé à plusieurs reprises par des signalements d'attentats à la pudeur.

L'IOPC, la police des polices, enquête pour savoir si la police de Londres a répondu de manière appropriée à deux signalements en février. Une investigation est également en cours concernant d'éventuels manquements de la police du Kent sur un signalement similaire en 2015.

ATS