Construit au Xe siècle La Turquie et l'Arménie vont restaurer ensemble un pont historique

ATS

5.5.2026 - 07:06

La Turquie et l'Arménie ont signé lundi un accord pour restaurer ensemble le pont médiéval d'Ani à la frontière entre les deux pays, une décision symbolique sur la voie de la normalisation entre Ankara et Erevan.

Ce pont, construit au Xe siècle au-dessus de la rivière Arpaçay qui borde le site médiéval d'Ani dans l'est de la Turquie, capitale de l'ancien royaume arménien, laissait passer sur ses deux étages les caravanes en bas et les piétons au-dessus. Seules ses piles sont encore debout et visibles.
Ce pont, construit au Xe siècle au-dessus de la rivière Arpaçay qui borde le site médiéval d'Ani dans l'est de la Turquie, capitale de l'ancien royaume arménien, laissait passer sur ses deux étages les caravanes en bas et les piétons au-dessus. Seules ses piles sont encore debout et visibles.
IMAGO/Depositphotos

Keystone-SDA

«Nous estimons que les domaines de coopération symboliques et concrets, telle la restauration conjointe du pont d'Ani, formalisée aujourd'hui par un protocole d'accord, contribueront à instaurer un climat durable de paix et de sécurité», a annoncé le vice-président turc Cevdet Yilmaz sur «X», après une rencontre avec le Premier ministre arménien Nikol Pachinian en marge du 8e Sommet de la Communauté politique européenne (CPE) à Erevan.

«J'ai eu un échange fructueux avec le vice-président turc Cevdet Yilmaz» a confirmé M. Pachinian sur «X», ajoutant avoir «salué la signature du protocole relatif à la reconstruction conjointe du pont historique d'Ani».

Ce pont, construit au Xe siècle au-dessus de la rivière Arpaçay qui borde le site médiéval d'Ani dans l'est de la Turquie, capitale de l'ancien royaume arménien, laissait passer sur ses deux étages les caravanes en bas et les piétons au-dessus. Seules ses piles sont encore debout et visibles.

La restauration du site, entré en 2016 au patrimoine mondial de l'Unesco, fait déjà l'objet d'une coopération scientifique entre les deux pays. Erevan et Ankara n'ont toujours pas établi de relations diplomatiques et leur frontière terrestre, brièvement ouverte au début des années 1990, reste fermée.

Les deux pays poursuivent un rapprochement prudent depuis fin 2021 et la défaite de l'Arménie face aux Azerbaïdjanais au Haut-Karabakh.

Fin avril ils ont décidé de remettre en service la ligne ferroviaire Kars-Gyumri, de part et d'autre de la frontière et la compagnie nationale turque Turkish Airlines a effectué un premier vol direct entre Istanbul et Erevan en mars.

Ils restent divisés sur les massacres de 1,2 à 1,5 millions d'Arméniens pendant la Première Guerre mondiale par les troupes de l'Empire ottoman: un génocide pour les Arméniens, déjà reconnu par de nombreux historiens et les gouvernements ou parlements d'une trentaine de pays.

Un terme que récuse la Turquie qui évoque des massacres dans lesquels 300'000 à 500'000 Arméniens et autant de Turcs ont trouvé la mort.