Facture salée pour l'armée suisseDes chevaux et des drones: le jeu en vaut-il les millions ?
ai-scrape
3.5.2026 - 06:00
L'armée suisse dépense de plus en plus pour ses chevaux: entre les hausses de prix et les nouvelles contributions, la facture annuelle pour l'utilisation des mulets et autres animaux militaires s'élève à environ 3,4 millions de francs. Mais Berne n'a pas l'intention de se séparer de ses chevaux: aujourd'hui, elle les associe à des drones pour des missions de surveillance et de reconnaissance en terrain difficile.
L'armée s'appuie sur le Centre équestre national de Berne pour s'occuper de ses chevaux
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Antonio Fontana
03.05.2026, 06:00
03.05.2026, 19:19
Drones de haute technologie, avions F-35, nouveaux systèmes d'armes. L'armée suisse se tourne vers l'avenir, tout en gardant un pied fermement ancré dans la tradition. Et même quatre sabots, en fait.
La Confédération possède encore des dizaines de chevaux militaires. Des animaux calmes et robustes, capables de se déplacer là où les véhicules peinent à le faire. Mais aussi coûteux.
Une augmentation générale des dépenses
Comme le rapporte le «Blick», l'armée devra verser 3,8 millions de francs supplémentaires au Centre équestre national de Berne pour la période 2026-2028. Cela représente environ 1,3 million de plus par an. Au total, la facture pour les chevaux et mulets militaires s'élève à environ 3,4 millions de francs tous les 12 mois.
La facture augmente pour des raisons très concrètes: nourriture, litière, fers à cheval, médicaments. Tout a augmenté. Et les salaires du personnel spécialisé ont également augmenté. Armasuisse a expliqué au «Blick» que les tarifs n'avaient pas été adaptés depuis 20 ans et que les anciennes contributions ne suffisaient plus.
Patrouiller ensemble avec des drones
Mais pendant que les coûts sont débattus, l'armée tente de redorer l'image de ses montures.
La nouveauté, rapportée par la «SRF», est surprenante: des patrouilles montées flanquées de drones. Une combinaison qui semble tout droit sortie d'un film, mais qui est déjà testée dans la formation des jeunes recrues.
Le principe est simple: le cheval conduit le soldat rapidement et silencieusement sur un terrain difficile, le drone élargit son regard. De jour comme de nuit. Grâce aux chambres thermiques, le soldat peut repérer les personnes et les animaux même dans l'obscurité.
Le cheval doit cependant s'habituer au bourdonnement et à la présence du drone. Au début, expliquent les recrues, tout nouvel élément peut l'effrayer.
Surveillance de grands périmètres
Ces patrouilles sont principalement utilisées pour la surveillance et la reconnaissance. L'armée les emploie ou les imagine dans des zones étendues et irrégulières, impraticables à pied ou par des moyens traditionnels.
Un exemple cité est la surveillance d'infrastructures critiques avec de grands périmètres, comme l'aéroport de Zurich.
Selon le commandant Kim Schätti, responsable des animaux de l'armée, interrogé par «SRF», le cheval reste un outil précieux: il peut se déplacer plus rapidement qu'une patrouille à pied et réagit bien en terrain accidenté.
Le drone complète le travail en permettant de surveiller plusieurs zones simultanément. Une combinaison qui, pour l'armée, peut s'avérer plus flexible qu'un hélicoptère.
La cavalerie existe
Aujourd'hui, l'armée dispose de 51 chevaux de selle prêts à être déployés, auxquels s'ajoutent d'autres jeunes animaux encore en formation.
Il y a un siècle, ils étaient des dizaines de milliers. La cavalerie n'est plus ce qu'elle était, mais elle n'a pas disparu.
Plusieurs chevaux sont encore utilisés pour le transport.
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Environ 25 chevaux de trait et quelques mules sont également achetés chaque année. Après leur formation, ils sont vendus à des formateurs ou à des fournisseurs, qui doivent toutefois les mettre à la disposition de l'armée pour des cours et des services pendant neuf ans.
Des tentatives d'économies à moitié réussies
Le thème des coûts n'est pas nouveau. En 2015 déjà, le Contrôle fédéral des finances avait critiqué les dépenses du Centre équestre national, soulignant que les animaux n'étaient utilisés qu'environ 70 jours par an.
Selon les inspecteurs, le nombre de chevaux aurait pu être réduit grâce à une meilleure planification.
En 2018, rappelle le «Blick», le ministre de la Défense de l'époque, Guy Parmelin, voulait réduire le contingent de 65 à 35 animaux. Mais sous la coupole fédérale, les défenseurs des chevaux militaires s'y sont opposés avec force. Finalement, le parlement a choisi le compromis: 55 animaux.
Chevaux «de chez nous» à Avenches
Et la Confédération ne se limite pas aux chevaux de l'armée. Le Haras national suisse d'Avenches, qui dépend de l'Office fédéral de l'agriculture, détient également 60 étalons francs-montagnes. Coût: plus de 5 millions de francs par an.
L'objectif est de préserver la seule race de chevaux originaire de Suisse. Là encore, les plans d'économies n'ont pas abouti, mais d'ici 2030, le nombre d'animaux devrait passer de 60 à 45.