L’extrême gauche suspectéeLe courant rétabli dans la partie de Berlin privée d'électricité
ATS
7.1.2026 - 17:59
Le courant a été rétabli mercredi dans tous les foyers du sud de Berlin privés d'électricité depuis un sabotage samedi, ont annoncé les autorités allemandes. Elles privilégient la piste d'un attentat d'extrême gauche et semblent exclure désormais une implication russe.
La Potsdamer Chaussee, dans le sud-ouest de Berlin, privée d’électricité à la suite d’une panne de courant.
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Keystone-SDA
07.01.2026, 17:59
ATS
La coupure de courant, après l'incendie de câbles sur une installation électrique dans le sud-ouest de Berlin, a plongé samedi 45'000 foyers et 2200 locaux commerciaux dans le noir et pour certains dans le froid. Mardi, la moitié d'entre eux étaient encore sans électricité.
«Je peux vous informer que l'approvisionnement est complet depuis 14h10 «, a annoncé à la presse la ministre de l'Economie du gouvernement régional de Berlin, Franziska Giffey. Malgré ce rétablissement, Marion Senhs, proprétaire d'un magasin d'équitation interrogée par l'AFP, se sent «encore un peu transie» car «cela fait maintenant cinq jours que tout est refroidi».
Le sabotage de l'installation a été revendiqué par un nébuleux mouvement d'extrême gauche appelé «Vulkangruppe» (Groupe Volcan), et les autorités allemandes ont jugé la revendication authentique.
Le ministère de l'Intérieur a en outre précisé ne pas avoir d'indices pointant vers la Russie, que Berlin accuse régulièrement d'orchestrer des sabotages en Allemagne, en recrutant ou en manipulant des individus ou des groupes.
«Nous considérons par ailleurs l'authenticité de la lettre de revendication comme établie», a dit la porte-parole du ministère, Sonja Kock, lors du point presse régulier du gouvernement. «Nous n'avons aucun élément indiquant (qu'il puisse s'agir) d'une opération sous fausse bannière» de la Russie, a-t-elle ajouté.
«Sabotage»
Mardi, le parquet fédéral allemand, compétent pour l'antiterrorisme, a annoncé ouvrir une enquête pour «sabotage» et «appartenance à une organisation terroriste».
L'attaque a mis en lumière les difficultés qu'a l'Allemagne à protéger et réparer ses infrastructures critiques, au moment même où elle se dit visée en permanence par des «attaques hybrides» orchestrées par la Russie.
Priopriétaire d'un restaurant, Milenko Petrovic, s'est senti «abandonné» durant ces jours pendant lesquels «les réseaux téléphoniques ne fonctionnaient pas» et car il n'a «reçu aucune information». «A notre époque, c'est déjà un certain constat d'échec pour Berlin», déplore-t-il auprès de l'AFP.
«Nous ne pouvons pas nous protéger de chaque attaque», a voulu justifier, auprès de l'AFP, la maire d'arrondissement de Steglitz-Zehlendorf, Maren Schellenberg, dont le secteur a été durement touché par la coupure.
Vulkangruppe a pour sa part revendiqué une douzaine d'attaques depuis 2011, dont un acte de sabotage visant une usine Tesla près de Berlin en mars 2024, où des lignes électriques alimentant le site avaient été incendiées.