Pas une opération «politique»Le Kirghizstan démonte le plus haut monument de Lénine d'Asie
ATS
7.6.2025 - 12:41
Le Kirghizstan a démonté samedi le plus haut monument en Asie centrale du fondateur de l'URSS, Vladimir Lénine, situé à Och, la deuxième ville de cette ex-république soviétique alliée de la Russie.
La statue a été enlevée dans la nuit et de rares photos amateurs la montrent couchée sur la place centrale de la ville, face à la mairie (archives).
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Keystone-SDA
07.06.2025, 12:41
ATS
Selon la mairie, le monument sera «déplacé» et «un drapeau (kirghiz) le long d'un mât de 95 mètres de haut» sera installé sur la place centrale d'Och (sud).
Ce monument en bronze mesurait au total 23 mètres piédestal compris, ce qui en faisait le plus haut monument de Lénine en Asie centrale à ne pas avoir été démonté après la chute de l'URSS en 1991, et l'un des plus hauts du monde.
La statue a été enlevée dans la nuit et de rares photos amateurs la montrent couchée sur la place centrale de la ville, face à la mairie.
«Pas politique»
Cette opération «ne doit pas être politisée» d'après la mairie d'Och, donnant des exemples de «villes russes où des monuments à Lénine ont également été démontés ou déplacés».
«Il s'agit d'une pratique courante visant à améliorer l'aspect architectural et esthétique des villes», estime la mairie.
Car la Russie, alliée du Kirghizstan où elle y maintient des bases militaires, tente de maintenir son influence face à la présence croissante de la Chine ou de l'Occident, insistant sur le passé commun soviétique les unissant.
Contrairement à d'autres ex-républiques soviétiques comme l'Ukraine ou les pays baltes ayant mené des politiques de décommunisation, il reste courant de trouver des références à l'URSS en Asie centrale. Et au Kirghizstan, les monuments en l'honneur de Vladimir Lénine sont encore debout dans l'immense majorité des villes.
Mais les cinq pays centrasiatiques tentent de renforcer leurs identités nationales, par exemple en renommant des noms de villes à consonance russe ou érigeant de monuments en l'honneur de héros nationaux à la place de ceux de dignitaires soviétiques.
Mais ces décisions qui ont suscité l'ire d'une partie de la classe politique russe, reprochant aux pays centrasiatiques de s'éloigner de la Russie, notamment depuis l'invasion de l'Ukraine.