Le phare d’Aniva: l’œil malade de la Russie sur le monde

uri

4.7.2020 - 10:00

Le phare d’Aniva, sur l’île de Sakhaline dans l’océan Pacifique, est l’un des plus reculés de Russie – et sans doute l’un de ceux dont le délabrement invite le plus à la nostalgie.

Le phare d’Aniva a été construit entre 1937 et 1939 sur le rocher de Sivuchya selon les plans du japonais Miura Shinobu, dans le but d’informer les marins des courants et des profondeurs parfois faibles dans les environs.

A l’époque, l’île était encore un sujet de discorde entre l’empire du Japon et l’Union soviétique.



A l’origine, cette structure en béton de 31 mètres de haut, avec neuf étages et une aile attenante, pouvait accueillir jusqu’à douze personnes. Les espaces de vie occupés par ces personnes étaient situés entre le troisième et le cinquième étage.

Au sous-sol se trouvait une salle rudimentaire réservée au diesel et aux batteries, alors que le premier étage et l’annexe étaient destinés au bien-être physique: on y trouvait le garde-manger et la cuisine. Le deuxième étage abritait une salle des radios, la salle de commande et une salle d’observation.

Le personnel retiré en 1990

A l’origine, les gardiens du phare devaient actionner toutes les trois heures un mécanisme d’horlogerie qui contrôlait le système optique avec son pendule de 260 kg. Le phare d’Aniva pouvait alors être vu sur une distance de 30 kilomètres.

En 1990, le personnel a été retiré du phare. Mais celui-ci a continué de fonctionner automatiquement jusqu’en 2010 – la lumière a ensuite été définitivement éteinte en raison d’une panne.

Depuis lors, l’eau et les tempêtes rongent le bâtiment, tandis que les voleurs de métaux et les chasseurs de souvenirs font le reste. Seule la pénibilité du trajet en bateau semble jusqu’à présent avoir permis au phare d’être quelque peu épargné. Néanmoins, cela ne semble être qu’une question de temps avant que le phare historique n’appartienne au passé.



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