Russie

Le Pussy Riot hospitalisé à Berlin est sorti

ATS

27.9.2018 - 03:45

Selon Piotr Verzilov, "l'empoisonnement était si professionnel qu'on ne peut en conclure autrement". "Cela ne m'a pas pris plusieurs jours avant de remarquer quelque chose, mais ça a été immédiatement aigu", décrit le militant, qui compte bien rentrer en Russie (archives).
Source: KEYSTONE/AP Cinema for Peace Foundation via DPA/-

Piotr Verzilov, militant russe du groupe contestataire Pussy Riot est sorti mercredi de l'hôpital à Berlin où il avait été admis il y a une dizaine de jours dans un état grave. Il avait été victime d'un possible empoisonnement qu'il impute aux services russes.

Agé de 30 ans, le militant avait été hospitalisé après son transfert depuis Moscou par une ONG, ses proches accusant les services russes de l'avoir empoisonné. Au terme de son hospitalisation, "l'état de santé du patient s'est considérablement amélioré", a annoncé mercredi l'hôpital berlinois de La Charité où il a été traité.

Les causes précises du mal qui l'a frappé restent toutefois à déterminer. "La consommation ou l'absorption d'une substance exogène comme cause de ce syndrome semble toujours être l'explication la plus plausible", a expliqué mercredi le professeur Dr Kai-Uwe Eckardt, un des praticiens qui l'ont pris en charge.

Les études toxicologiques menées sur le patient "n'ont pas encore fourni d'indication claire" sur l'éventuelle substance utilisée contre M. Verzilov, a fait valoir de son côté le directeur de l'hôpital, Karl Max Einhäupl. Le patient est pour sa part "fermement" convaincu d'avoir été empoisonné.

'Tentative d'assassinat'

Peu avant l'annonce de sa sortie, il avait fait part de ses soupçons, dans une interview au quotidien populaire allemand Bild. "Je crois fermement que ce sont les services de renseignements russes qui sont à l'origine de mon empoisonnement, peut-être le GRU", le renseignement militaire, a-t-il accusé. Il affirme se souvenir "à peine de ce qui lui est arrivé".

Ses proches, dont plusieurs membres des Pussy Riot, avaient également accusé les services russes.

"C'était probablement une tentative d'assassinat ou au moins d'intimidation (...) on a des soupçons mais on ne peut pas en parler sans l'accord" de Piotr Verzilov, avait prévenu après son hospitalisation son épouse, dont il vit désormais séparé, Nadejda Tolokonnikova. Elle avait été elle-même détenue près de deux ans pour une "prière punk" en 2012 contre Vladimir Poutine.

Piotr Verzilov est l'un des quatre membres des Pussy Riot qui s'étaient introduits sur le terrain pendant la finale de la Coupe du monde de football en Russie en juillet, portant des uniformes de la police. Il est également le fondateur du site internet Mediazona, qui informe notamment sur les procès des défenseurs des droits de l'homme en Russie.

'Deux raisons possibles'

"Il y a deux raisons possibles pour lesquelles les services secrets russes pourraient m'avoir empoisonné : d'une part, l'action de la finale de la Coupe du Monde, qui les a embarrassés, et d'autre part, mes liens avec les trois journalistes russes assassinés en Afrique", a détaillé le militant dans Bild.

Trois journalistes ont été tués par balles le 30 juillet en Centrafrique où ils enquêtaient sur un groupe occulte de mercenaires russes, pour le compte d'un média fondé par l'adversaire du Kremlin Mikhail Khodorkovsky.

M. Verzilov avait travaillé avec un de ces journalistes. "Je voulais et je veux faire une enquête sur ce qui est arrivé aux trois journalistes. C'est peut-être pour ça que les services secrets ont essayé de m'empoisonner. Je pense qu'il est plus probable qu'il s'agisse de ça que d'un match de Coupe du Monde", fait valoir le Pussy Riot.

"Professionnel"

Selon lui, "l'empoisonnement était si professionnel qu'on ne peut en conclure autrement". "Cela ne m'a pas pris plusieurs jours avant de remarquer quelque chose, mais ça a été immédiatement aigu", décrit le militant, qui compte bien rentrer en Russie.

Son hospitalisation est intervenue à un moment où l'affaire Skripal envenimait à nouveau les relations entre les Occidentaux et Moscou.

Le gouvernement britannique accuse deux personnes qu'il présente comme des agents du renseignement militaire russe (GRU) d'avoir empoisonné en mars Sergueï Skripal et sa fille à Salisbury en Angleterre. Ces accusations sont rejetées par la Russie.

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