«Vous êtes du côté des auteurs de crimes»Pam Bondi tente-t-elle d'«étouffer» l'affaire Epstein?
ATS
11.2.2026 - 17:30
Les élus démocrates au Congrès ont accusé mercredi la ministre de la Justice, Pam Bondi, d'«étouffer» l'affaire Epstein. Cela en ne respectant pas la loi obligeant l'administration Trump à faire toute la transparence sur ce dossier politiquement explosif.
"Vous êtes du côté des auteurs de crimes et vous ignorez les victimes. Ce sera votre bilan, à moins que vous ne changiez rapidement de cap. Vous dirigez du ministère de la Justice un étouffement massif de l'affaire Epstein", a déclaré un élu démocrate à propos de Pam Bondi.
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Keystone-SDA, Keystone-ATS, Rédaction blue News, Andreas Fischer
11.02.2026, 17:30
11.02.2026, 17:57
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«Vous ne montrez pas beaucoup d'intérêt pour les victimes, Madame la ministre de la Justice, qu'il s'agisse de celles du réseau d'exploitation d'Epstein ou de la violence gouvernementale meurtrière contre des citoyens américains à Minneapolis», a déclaré au début de l'audition de Mme Bondi par la commission judiciaire de la Chambre des représentants Jamie Raskin, principal membre de cette commission.
Il faisait notamment référence à deux manifestants protestant contre la police de l'immigration (ICE) tués en janvier par des policiers fédéraux.
«Vous ignorez les victimes»
«Vous êtes du côté des auteurs de crimes et vous ignorez les victimes. Ce sera votre bilan, à moins que vous ne changiez rapidement de cap. Vous dirigez du ministère de la Justice un étouffement massif de l'affaire Epstein», a poursuivi l'élu démocrate.
Sur les «plus de trois millions de pages» du dossier Epstein publiées le 30 janvier par le ministère de la Justice, «vous avez caviardé les noms des exploiteurs et des complices, apparemment pour leur éviter la gêne et le discrédit, ce qui est exactement le contraire de ce que la loi vous a ordonné de faire», a souligné M. Raskin.
La ministre a défendu la publication des documents par ses services. «J'ai passé toute ma carrière à me battre pour les victimes et je continuerai à le faire», a-t-elle assuré, se disant «profondément navrée» pour toutes les victimes, en particulier de Jeffrey Epstein, criminel sexuel mort en prison en août 2019 avant son procès pour exploitation sexuelle.
«Pas d'élément nouveau»
La masse de documents publiée le 30 janvier ne contient pas d'élément nouveau pouvant aboutir à des poursuites supplémentaires, avait prévenu le numéro 2 du ministère de la Justice, Todd Blanche.
L'administration Trump s'est acquittée de son obligation, imposée par une loi adoptée en novembre par le Congrès, de faire toute la transparence sur cette affaire, avait affirmé M. Blanche, ancien avocat personnel de Donald Trump.
Bien que la simple mention du nom d'une personne dans le dossier ne suppose aucun acte répréhensible a priori de sa part, de nombreuses personnalités redoutent l'onde de choc des révélations sur leurs liens passés avec le criminel sexuel.
Un préjudice pour Trump
L'affaire des dossiers accompagne Bondi depuis son entrée en fonction en tant que ministre de la Justice sous Donald Trump. Le fait que le ministère ait d'abord décidé l'été dernier de ne plus publier de documents a déclenché de vives réactions. Une partie des partisans de Trump en particulier a exigé une transparence totale.
L'affaire n'est donc pas seulement un sujet juridique, mais aussi un sujet sensible pour les républicains au sein de leur parti.
Pourquoi cette audience est-elle si explosive? Alors que le ton acerbe de «Buni» lui a jusqu'à présent apporté un soutien dans le camp Trump, l'audition actuelle pourrait montrer si cette protection est toujours d'actualité - ou si l'affaire devient un problème pour elle.
Contrairement à ses précédentes apparitions devant les commissions du Congrès américain, Pam Bondi ne peut pas compter cette fois-ci sur un soutien républicain unanime. On s'attend plutôt à des critiques de la part de tous les partis.
Les républicains reprochent à Pam Bondi d'avoir retardé ou bloqué la publication de documents. Même des députés conservateurs remettent en question sa crédibilité. L'affaire Epstein risque de devenir un problème déterminant de son mandat.
Les démocrates reprochent à la ministre de la Justice, outre l'affaire des dossiers, des investigations à caractère politique ainsi que son attitude envers les membres du Congrès.
Dispute sur le volume et les expurgations
Même la libération de plus de trois millions de pages comme prétendue «dernière tranche» n'apaise pas les critiques. Les nouvelles montagnes de dossiers ont certes attiré l'attention sur des personnalités riches et influentes qui sont restées en contact avec Jeffrey Epstein, même après sa condamnation pour avoir initié la prostitution d'une mineure.
Mais ce qui est politiquement plus explosif, ce ne sont pas tant les dossiers publiés que la question de savoir ce qui y a été caviardé.
Des députés des deux partis critiquent le fait que les passages noircis semblent aller au-delà de ce qu'autorise la loi sur la transparence votée à la quasi-unanimité en novembre.
Aperçu des principales critiques adressées à Pam Bondi
Aperçu des principales critiques adressées à Pam Bondi
Critique trans-partisane: tant les républicains que les démocrates se montrent insatisfaits de la manière dont Bondi a traité les dossiers Epstein.
Retard: même les députés républicains lui reprochent d'avoir retardé ou entravé la publication des documents, pourtant ordonnée par la loi.
Style politique: l'apparence de confrontation de Bondi lors de précédentes auditions - y compris les manœuvres d'évitement et les attaques contre les critiques - se heurte à une résistance croissante.
La loi ne prévoit que des exceptions très limitées - par exemple pour protéger les victimes ou les enquêtes en cours. Les critiques au Congrès soupçonnent toutefois que les noircissements vont au-delà de ce qui est autorisé par la loi.
De plus, le ministère refuse de publier d'autres documents volumineux en invoquant des «legal privileges» - c'est-à-dire des droits de protection juridique tels que le secret professionnel de l'avocat ou les privilèges de consultation interne. Cela nourrit le soupçon que des noms ou des liens sensibles pourraient être protégés.