En principe dès lundi Votre vie privée contre une entrée aux Etats-Unis? – Ce qui va changer

Gabriela Beck

7.2.2026

Des règles d'entrée américaines plus strictes pourraient entrer en vigueur dès lundi. Elles suscitent également l'inquiétude en Suisse. Ce qu'il faut savoir.

Les personnes entrant aux Etats-Unis feront-elles bientôt la queue plus longtemps ? Ici à l'aéroport international John F. Kennedy de New York City. (archives)
Les personnes entrant aux Etats-Unis feront-elles bientôt la queue plus longtemps ? Ici à l'aéroport international John F. Kennedy de New York City. (archives)
IMAGO/SOPA Images

Agence France-Presse

Depuis l'automne, les personnes souhaitant visiter les Etats-Unis doivent payer plus cher. Et elles devront fournir à l'avenir davantage de données personnelles. Non seulement le coût de l'enregistrement ESTA pour les voyages touristiques ou d'affaires jusqu'à 90 jours a presque doublé, passant de 21 dollars à 40,27 dollars, mais les Suisses et les citoyens d'une série d'autres pays, en principe alliés, pourraient également devoir dévoiler leurs activités en ligne pour voyager aux Etats-Unis. La réglementation pourrait entrer en vigueur dès lundi.

C'est ce que prévoit un ordre du ministère américain de la Sécurité intérieure publié en décembre. 

Où les informations doivent-elles être fournies ?

Les touristes doivent fournir ces informations lorsqu'ils demandent l'autorisation d'entrée électronique ESTA. Conformément aux exigences du programme «Visa Waiver», la condition préalable est un passeport électronique valable pour toute la durée du séjour. Une fois demandée, l'autorisation ESTA est valable deux ans. Durant cette période, il est possible d'entrer plusieurs fois dans le pays. Les autorités américaines recommandent de faire la demande au moins 72 heures avant le départ.

Que faudra-t-il encore fournir ?

Des données personnelles nettement plus étendues seront également demandées à l'avenir. Il s'agit notamment de tous les numéros de téléphone du voyageur des cinq dernières années ainsi que des adresses e-mail des dix dernières années. Mais les touristes seront également tenus de «présenter leurs médias sociaux des cinq dernières années». Il s'agit apparemment de comptes d'utilisateurs sur des plateformes telles que X, Facebook ou Instagram, comme ceux qui sont déjà demandés lors des demandes de visa.

En outre, des informations détaillées sur les membres de la famille seront demandées. Il s'agit notamment des dates de naissance, des adresses et des numéros de téléphone.

Que veut faire le gouvernement américain de ces données ?

Le gouvernement du président Donald Trump justifie ces conditions renforcées par la protection des Etats-Unis «contre les terroristes étrangers et autres menaces à la sécurité nationale». Pour cette raison, il avait déjà renforcé les conditions de visa pour les étudiants ou les travailleurs qualifiés.

Quand la nouvelle réglementation entrera-t-elle en vigueur ?

Probablement dès lundi. L'ordonnance du ministère américain de la Sécurité intérieure du 10 décembre faisait état d'un délai de recours de 60 jours, qui expire dimanche. Si la nouvelle réglementation n'est pas contestée juridiquement d'ici là - par exemple par des défenseurs de la protection des données - elle entrera en vigueur.

Les démocrates américains de l'opposition ainsi que des scientifiques reprochent à l'administration Trump de vouloir tenir à l'écart des Etats-Unis les dissidents en passant au crible les activités en ligne. Le gouvernement américain examine déjà les comptes en ligne des étudiants étrangers pour voir quelle est leur position sur Israël par exemple.

Que conseillent les défenseurs de la vie privée ?

Un porte-parole de la commissaire fédérale à la protection des données, Louisa Specht-Riemenschneider, a déclaré à l'AFP qu'elle avait «pris connaissance avec inquiétude» de l'adaptation du programme ESTA. Les voyageurs doivent «évaluer soigneusement pour eux-mêmes s'ils sont prêts à fournir aux autorités américaines des données d'une telle ampleur pour entrer sur le territoire».

Avec plus d'informations, l'évaluation devient en outre plus complexe. «Cela peut conduire à un risque d'erreur accru dans le processus ESTA», a averti le porte-parole.