Procès Un chirurgien bernois accusé de lésions corporelles graves

ATS

12.1.2026 - 11:54

Le procès d'un chirurgien bernois accusé de lésions corporelles graves s'est ouvert lundi devant le tribunal régional Berne-Mittelland. Le Ministère public l'accuse d'avoir implanté un disque intervertébral artificiel qui n'était pas au point à plusieurs patients.

Le Ministère public accuse le chirurgien d'avoir implanté un disque intervertébral artificiel qui n'était pas au point à plusieurs patients.
Le Ministère public accuse le chirurgien d'avoir implanté un disque intervertébral artificiel qui n'était pas au point à plusieurs patients.
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Keystone-SDA

Pour le procureur, ces disques artificiels n'auraient pas eu le résultat attendu chez sept patients opérés par le chirurgien, leur causant des lésions à la colonne vertébrale. Il est aussi reproché à ce médecin d'avoir abandonné certains de ses patients, selon l'acte d'accusation.

L'avocate du prévenu avait rejeté ces accusations il y a deux ans dans les titres du groupe Tamedia. Elle avait déclaré que son client s'était comporté d'une manière correcte tant sur le plan juridique que sur le plan déontologique.

Les débats devraient durer plus d'une semaine. Le verdict doit être rendu le 9 février. Outre le médecin, des patients, un médecin-chef d'un hôpital zurichois familier avec ce domaine de recherche et une autre experte devraient également être entendus lors du procès.

Essais sur les animaux

Cette affaire a été dévoilée en 2018 par un pool de médias auquel participait notamment Tamedia. Le chirurgien aurait accompagné scientifiquement le développement de l'implant discal «Cadisc-L» et aurait lui-même implanté la prothèse chez sept patients entre 2011 et 2013 à l'hôpital Salem de Berne.

Selon l'acte d'accusation, des tests effectués sur des animaux de laboratoire auraient déjà révélé des défauts. Le produit a malgré tout été mis sur le marché en 2010. Des complications graves seraient ensuite survenues chez des dizaines de patients à travers l'Europe. L'implant artificiel a ensuite été retiré du marché.

Restrictions pour la presse

Les journalistes présents à l'audience ont été soumis à certaines restrictions. Durant les deux premiers jours du procès, consacrés à l'audition des témoins, il leur est interdit de diffuser des informations en direct. Pour les juges, une couverture en temps réel pourrait influencer les déclarations des prochains témoins.

Dans ce document remis à la presse, le tribunal souligne aussi que le nom du médecin ne doit pas être cité, car il ne s'agit pas d'une personnalité publique connue. Il relève que le prévenu n'exerce plus d'activité professionnelle. Les journalistes de Tamedia ont déposé un recours contre cette décision à la Cour suprême bernoise.