Mort de Quentin en France Neuf hommes interpellés, dont l'assistant parlementaire d'un député LFI

ATS

17.2.2026 - 21:07

Neuf suspects, dont un assistant parlementaire d'un député de la gauche radicale, ont été interpellés mardi en France, dans l'enquête judiciaire sur la mort d'un militant nationaliste, plaçant la gauche radicale sous le feu des critiques.

Des personnes participent à un rassemblement en hommage à Quentin, un étudiant de 23 ans tué à Lyon, place de la Sorbonne, Paris, France, le 15 février 2026.
Des personnes participent à un rassemblement en hommage à Quentin, un étudiant de 23 ans tué à Lyon, place de la Sorbonne, Paris, France, le 15 février 2026.
KEYSTONE

Keystone-SDA

L'affaire, qui fait la Une des médias depuis l'agression jeudi de Quentin Deranque, a encore tendu le climat politique en France où La France insoumise (LFI), de l'ancien candidat à la présidentielle Jean-Luc Mélenchon, s'insurge de son côté contre une «récupération» politique.

Le procureur de Lyon Thierry Dran a annoncé neuf interpellations, et une source proche du dossier a précisé à l'AFP que figurait parmi eux un assistant parlementaire d'un député LFI.

Jacques-Elie Favrot est l'un des assistants de Raphaël Arnault, qui avant d'être élu avait fondé le collectif antifasciste aujourd'hui dissous La Jeune Garde, mis en cause par le gouvernement et l'extrême droite dans la mort de l'étudiant de 23 ans.

Dimanche, M. Favrot avait démenti, via son avocat, «être responsable de ce drame» et avait dit se «tenir à la disposition de la justice». Il s'était retiré de ses fonctions auprès de M. Arnault. Quentin Deranque a été frappé jeudi à Lyon (centre-est) par «au moins six individus» masqués et encagoulés, puis a succombé deux jours plus tard à ses blessures.

Sitôt les interpellations connues, M. Mélenchon, chef de file de LFI, a déclaré qu'«on se déshonore (...) lorsque l'on frappe d'une manière qui comporte le risque d'infliger la mort». Toutefois, LFI «n'accepte pas les leçons» du Premier ministre Sébastien Lecornu, qui a demandé à LFI de «faire le ménage» dans ses «rangs».

Le président du parti d'extrême droite Rassemblement national (RN), Jordan Bardella, a lui immédiatement accusé Jean-Luc Mélenchon d'avoir «ouvert les portes» de l'Assemblée «à des meurtriers présumés».

Une «erreur»

Plus tôt dans la journée, une minute de silence avait été observée dans cette même Assemblée, avec l'accord de tous les groupes politiques. Devant les députés, Sébastien Lecornu avait demandé que «la vérité judiciaire passe», sans «aucune pression».

«La Jeune Garde tue, et La France insoumise devrait le condamner», a affirmé de son côté le ministre de la Justice Gérald Darmanin, reprochant à LFI de la considérer comme «une organisation alliée».

Cette proximité était une «erreur», a dit à la presse l'un des porte-parole du groupe socialiste à l'Assemblée, Arthur Delaporte, rappelant que les socialistes n'avaient pas soutenu au premier tour la candidature de M. Arnault aux législatives de 2024. LFI «ne peut conserver la moindre ambiguïté avec tout mouvement violent», a renchéri le numéro un du PS Olivier Faure.

«Nous n'acceptons pas que la violence physique, d'où qu'elle vienne, soit employée pour régler les conflits. Ceux qui instrumentalisent ce drame pour nous salir doivent cesser», a réagi de son côté la cheffe des députés LFI, Mathilde Panot.

Elle a reproché à l'exécutif un «silence», notamment après la mort à Paris en 2022 de l'ex-rugbyman argentin Federico Martin Aramburu, assassinat dont le principal suspect d'un futur procès en septembre est un ancien du mouvement d'ultradroite GUD.

Lyon, théâtre d'affrontements fréquents

Les coups mortels ont été portés jeudi à M. Deranque en marge d'une manifestation du collectif identitaire Némésis, proche de l'extrême droite, contre la conférence de l'eurodéputée LFI Rima Hassan à Lyon.

Depuis plusieurs années, Lyon est connu comme un repaire de groupuscules d'extrême droite – dont plusieurs ont été dissous -, et le théâtre d'affrontements très fréquents avec des militants antifascistes.

Décrit par sa famille comme un «militant pacifique», M. Deranque a gravité dans la mouvance de l'extrême droite radicale, et plusieurs de ses chapelles. Selon les médias Le Figaro et Mediapart, il a notamment pris part, le 10 mai 2025 à Paris, au défilé d'environ 1000 militants d'ultradroite, certains arborant de l'iconographie nazie.

La justice a par ailleurs indiqué mardi que deux enquêtes avaient été ouvertes à Paris, l'une après le rassemblement d'une cinquantaine de personnes faisant des saluts nazis, l'autre après la découverte de croix gammées et tags antisémites place de la République.

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Adem témoignait dimanche sous couvert d'anonymat, de ce qu’il avait vu la veille de la rixe dans laquelle Quentin a été tué, victime d’une violente agression en marge d'une conférence de l'eurodéputée LFI Rima Hassan à Sciences Po de Lyon.

16.02.2026