«Poupée de chiffon» Mort d’un bébé : une nourrice devant les assises du Bas-Rhin

ATS

24.6.2024 - 14:29

Une assistante maternelle de 44 ans est jugée depuis lundi devant les assises du Bas-Rhin à Strasbourg. Elle est accusée d'avoir secoué un nourrisson dont elle avait la garde, entraînant ainsi sa mort.

Une assistante maternelle de 44 ans est jugée depuis lundi (image d’illustration).
Une assistante maternelle de 44 ans est jugée depuis lundi (image d’illustration).
ats

24.6.2024 - 14:29

Le 22 octobre 2013, cette femme avait appelé vers 08h30 les pompiers, paniquée, expliquant que le petit Hugo, six mois, qui lui avait été confié moins d'une heure auparavant, était amorphe et que du lait sortait de son nez et de sa bouche. Transféré aux urgences pédiatriques, le bébé est mort dans la matinée.

Les examens médicaux ont relevé des lésions correspondant à une ou plusieurs manoeuvres de secouement violent. Ces blessures ne pouvaient être dues à un accident domestique, selon les experts.

Le nourrisson a subi au moins trois traumatismes: le premier, dû à un secouement entre son 5e et son 6e mois, le second, dû à un choc sur la tête et le troisième, un nouvel épisode de secouement, survenu quelques minutes avant l'appel aux services de secours.

L'assistante maternelle a expliqué que ce matin-là, elle lui avait donné un biberon et qu'il avait fait deux rots qu'elle avait trouvés «bizarres». Puis elle l'avait couché et s'était absentée de la pièce quelques instants. A son retour elle l'avait retrouvée amorphe et, affolée, l'avait secoué pour le ranimer avant d'appeler les secours.

«Poupée de chiffon»

Lundi matin, le directeur d'enquêtes de la gendarmerie a raconté que l'assistante maternelle avait changé un peu sa version et affirmé qu'elle avait eu un malaise. Elle avait expliqué qu'en revenant à elle, elle avait trouvé l'enfant sur le lit «comme une poupée de chiffon». Elle l'avait secoué «assez vivement pour obtenir une réaction de sa part».

La cour s'est aussi penchée sur la personnalité de l'assistante maternelle, qui a quitté le domicile familial à 20 ans en raison de rapports difficiles avec sa mère. «J'ai souffert de ne pas avoir eu une maman présente», a déclaré des sanglots dans la voix l'accusée, qui comparaît libre.

Après plusieurs petits boulots marqués selon ses employeurs par de nombreuses absences, elle s'est formée pour devenir assistante maternelle et accueillir des enfants à son domicile: «ça me permettait de rester à la maison tout en m'occupant de mes enfants», a expliqué cette mère de deux enfants.

ATS