Scandale du lait infantile Nestlé a détecté de la céréulide dans une usine dès la fin novembre

ATS

30.1.2026 - 12:39

Nestlé indique avoir détecté la toxine céréulide, qui peut entraîner vomissements et diarrhées, dans son usine de fabrication de lait infantile néerlandaise dès la fin novembre, mais que la confirmation de la mise en cause de l'huile ARA n'est intervenue que fin décembre.

Jeudi, l'association de défense des consommateurs Foodwatch a porté plainte contre X à Paris aux côtés de huit familles de bébés malades et visant les industriels ayant progressivement rappelés des lots infantiles, soit les suisses Nestlé et Hochdorf, mais aussi les français Danone, Lactalis et Vitagermine.
Jeudi, l'association de défense des consommateurs Foodwatch a porté plainte contre X à Paris aux côtés de huit familles de bébés malades et visant les industriels ayant progressivement rappelés des lots infantiles, soit les suisses Nestlé et Hochdorf, mais aussi les français Danone, Lactalis et Vitagermine.
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Keystone-SDA

«À la fin du mois de novembre 2025, à la suite de contrôles de routine après l'installation de nouveaux équipements sur une ligne de production dans notre usine aux Pays-Bas, nous avons détecté de très faibles niveaux de céréulide dans des échantillons de produits», indique le géant veveysan dans un document daté de jeudi retraçant la chronologie et mis en ligne sur son site.

Le fabricant de lait infantile dit avoir informé les autorités aux Pays-Bas le 10 décembre et «par mesure de précaution, nous avons initié le rappel volontaire des tous les lots de produits (25 au total) dans 16 pays en Europe».

Puis le groupe assure que «le 23 décembre 2025, les résultats d'analyse initiaux ont confirmé que la source de contamination provenait du mélange d'huile utilisé par plusieurs de nos usines» et contenant «l'huile arachidonique (ARA) approvisionnée auprès d'un fournisseur global de l'industrie.»

Puis «le 29 décembre 2025, après avoir confirmé la contamination de l'huile ARA, nous avons informé le fournisseur de nos conclusions». Le lendemain, Nestlé souligne avoir alerté l'industrie au travers des associations professionnelles.

Selon Le Monde, le calendrier n'est pas juste

De son côté, le journal Le Monde affirme vendredi dans un article que «d'après une source haut placée, l'origine de la contamination, l'huile enrichie en ARA, était connue par Nestlé à la date du 10 décembre et alors transmise aux autorités européennes – un point que le groupe suisse dément, assurant que ce n'est que le 23 décembre que l'ARA est identifié.»

Nestlé déclare avoir «procédé à des analyses très approfondies dans nos laboratoires des échantillons d'huile ARA en notre possession entre le 23 décembre 2025 et le 4 janvier 2026, en dépit des contraintes logistiques et de personnel liées aux vacances de fin d'année. La cadence était jusqu'à 60 analyses par jour pour un total de plus de 400 échantillons.»

Le groupe ajoute avoir «commencé à informer les autorités progressivement dans des différents pays concernés» le 2 janvier 2026 et «lancé par mesure de précaution le rappel public volontaire à partir du 5 janvier». Il concerne actuellement une soixantaine de pays dans le monde. En Suisse, il touche des laits Beba et Alfamino et en France, Guigoz et Nidal.

Jeudi, l'association de défense des consommateurs Foodwatch a porté plainte contre X à Paris aux côtés de huit familles de bébés malades et visant les industriels ayant progressivement rappelés des lots infantiles, soit les suisses Nestlé et Hochdorf, mais aussi les français Danone, Lactalis et Vitagermine.

Un nouveau rappel de lots de La Marque en moins a encore été initié mardi dernier, selon le site français Rappel Conso. Foodwatch assure qu'"il n'y a absolument aucune excuse entendable pour tous ces rappels tardifs» et que «les entreprises que nous visons ont fait preuve d'une négligence affolante.»

Des enquêtes pénales distinctes ont été ouvertes à Angers et Bordeaux après les décès de deux nourrissons ayant consommé un lait infantile rappelé par Nestlé pour cause de «possible contamination» par une substance d'origine bactérienne, sans «lien de causalité» établi pour l'heure, selon les autorités.

La ministre française de l'Agriculture, interpellée jeudi au Sénat par le parti de gauche La France Insoumise sur la responsabilité des autorités françaises, a répondu que «vous n'avez pas le droit de dire que l'on aurait laissé commercialiser des laits délibérément contaminés. C'est un accusation très grave».