Parents indignés à Paris«On parle de viol par fellation ou de viol par pénétration digitale»
Gregoire Galley
19.2.2026
Des parents d'élèves d'une école du IIIe arrondissement de Paris, parties civiles contre un animateur accusé de viols et d'agressions sexuelles, ont dénoncé «un même aveuglement qui se répète» dans le périscolaire parisien, dans une tribune publiée jeudi dans Libération.
Anne Hidalgo a reconnu une part de responsabilité en tant que maire de Paris.
IMAGO/Anadolu Agency
Agence France-Presse
19.02.2026, 08:18
Gregoire Galley
«Le déni de l’institution scolaire, de la Ville de Paris, ainsi que les manquements des enquêtes administrative et policière… nous les avons vécus et dénoncés, déjà, il y a six ans. Ce sont les mêmes failles, les mêmes dysfonctionnements, le même aveuglement qui se répètent dans les cas qui ont fait surface ces derniers mois», écrivent les parents de l'école maternelle Paul-Dubois, qui a depuis été fermée, dans une tribune accompagnée d'une longue enquête.
Les parents de quinze enfants dénoncent des faits commis entre 2018 et 2019, quand leurs enfants avaient entre 3 et 5 ans, par un animateur qui a été suspendu par la Ville et réfute ces accusations. Les familles expliquent avoir saisi en 2019 l'adjoint à l’Éducation Patrick Bloche, ainsi que la maire PS Anne Hidalgo.
«Nos appels sont alors restés sans suites concrètes. Il aura fallu attendre ce déferlement de cas (...) pour que la mairie de Paris commence à réagir», dénoncent-elles, accusant la Ville d'avoir «étouffé les signalements».
«Un scandale»
Interrogée mercredi sur France Inter, Anne Hidalgo a reconnu une part de responsabilité en tant que maire mais s'est défendue de n'avoir «rien fait» depuis 2015, année de la publication d'un rapport de l'inspection générale de la Ville sur le périscolaire.
«Nos enfants ont aujourd’hui entre 10 et 12 ans. (...) Ils comprennent qu’il n’est pas normal d’avoir été en contact avec le sexe d’un adulte qui éjacule à l’âge de 5 ans», écrivent les parents.
«Ce qui nous a fait bondir c'est le silence d'Hidalgo», a réagi une maman auprès de l'AFP, souhaitant garder l'anonymat, qui dénonce «un scandale». «Ce qui nous a vraiment énervés, c'est de voir que ces affaires étaient toujours aussi mal traitées et peu traitées», a déploré une autre maman.
«Il est quasiment certain que notre affaire va être classée, malgré un nombre d'enfants qui témoignent, des professionnels de santé qui attestent du mal-être des enfants et de leur traumatisme, car on parle de viol par fellation ou de viol par pénétration digitale», a-t-elle ajouté, déplorant des manquements «au niveau de l'école, de la mairie et de la justice».
«Rien n'a été appris depuis cette affaire», observe Elisabeth Guthmann, du collectif SOS Périscolaire, pour qui «la parole des enfants n’est toujours pas prise en compte comme elle doit l’être, alors que les professionnels confirment que les enfants ne peuvent pas inventer des récits d’actes sexuels qu’ils n’ont jamais vu ou vécu».