Eglise catholique Oser parler de la foi en dialecte local

ATS

22.11.2019 - 11:30

Le pape François a encouragé l'Église catholique de Thaïlande – pays majoritairement bouddhiste – à ne «pas avoir peur» d'adapter son discours à la culture locale.
Le pape François a encouragé l'Église catholique de Thaïlande – pays majoritairement bouddhiste – à ne «pas avoir peur» d'adapter son discours à la culture locale.
Source: KEYSTONE/AP/GREGORIO BORGIA

Le pape François a encouragé vendredi l'Église catholique de Thaïlande – pays majoritairement bouddhiste – à ne «pas avoir peur» d'adapter son discours à la culture locale. Il évoquait particulièrement des jeunes obsédés par le consumérisme et la technologie.

L'un des leitmotivs du pontificat du pape argentin est de se rendre dans les «périphéries» de la planète pour y «encourager» des communautés isolées mais susceptibles de croître.

Sur plus de 1,3 milliard de catholiques recensés dans le monde, l'Asie compte seulement 145 millions de baptisés (3,28% de la population). Et, moins de 0,6% de la population est catholique dans la Thaïlande bouddhiste, soit quelque 400'000 personnes.

Dans ce contexte, le souverain pontife a incité les religieux et religieuses thaïlandais à ne pas baisser les bras, même s'ils sont «peu nombreux». Il les a encouragés – comme les missionnaires qui ont commencé à évangéliser le pays au XVIe siècle- à «ne pas avoir peur de chercher de nouveaux symboles et images», une «musique particulière» pouvant parler aux Thaïlandais.

Dans la tradition chrétienne, «l'inculturation» consiste à intégrer dans l'enseignement de l'Église les traditions et la culture locales. «Pour beaucoup la foi chrétienne est une foi étrangère, la religion des étrangers», décrit le pape. Il faut donc «oser» parler de foi «en dialecte» local et aller bien au-delà des simples traductions des textes.

François ne prône pas le prosélytisme agressif qui a marqué le passé de l'Église catholique, une attitude qui serait d'ailleurs très périlleuse pour les chrétiens minoritaires de certains pays moins tolérants que la Thaïlande. Mais il répète sans cesse qu'il faut attirer les fidèles en agissant concrètement sur le terrain.

En Thaïlande, les prêtres et évêques doivent se préoccuper du «fléau des drogues et de la traite des personnes» dont le pape a déploré les ravages lors de son voyage thaïlandais. Ils doivent aussi s'attaquer aux «inégalités économiques et sociales», a-t-il dit.

Consumérisme de jeunes

S'exprimant devant les évêques de Thaïlande et la Fédération des conférences épiscopales asiatiques (FABC), le souverain pontife a toutefois reconnu la difficulté de leur tâche face à «un consumérisme et un matérialisme grandissants, surtout dans les rangs des jeunes» fascinés par les nouvelles technologies.

Les Thaïlandais passent déjà plus de neuf heures par jour à consulter internet sur leur smartphone, ce qui les place dans le club des cinq pays les plus gros consommateurs au monde, d'après différentes études.

Le pape doit clore sa journée en célébrant une messe pour les jeunes dans la cathédrale de Bangkok au lendemain de l'office dans le grand stade de la capitale devant quelque 60'000 fidèles.

Vendredi, le souverain pontife a encore été accueilli par une foule nombreuse et enthousiaste, certains scandant «Viva Il papa!«.

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