FrancePlateforme porno «French Bukkake» : le procès se fera aux assises
ATS
28.5.2026 - 19:43
Le premier grand procès en France pour violences sexuelles dans le milieu du porno amateur sera jugé aux assises, comme le demandaient de nombreuses parties civiles de l'affaire de la plateforme pornographique French Bukkake, ont indiqué leurs avocats jeudi à l'AFP.
Dans cette affaire, 16 hommes ont été traduits en justice pour viols en réunion ou trafic d'êtres humains, de 2015 à 2020 (image d'illustration).
ats
Keystone-SDA
28.05.2026, 19:43
28.05.2026, 19:44
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Dans cette affaire, 16 hommes ont été traduits en justice pour viols en réunion ou trafic d'êtres humains, de 2015 à 2020. A l'été 2023, les juges d'instruction avaient ordonné le renvoi des mis en cause devant la cour criminelle.
Une comparution aux assises fait encourir une peine plus lourde – au-delà de vingt ans de réclusion – aux 16 accusés, dont le dirigeant de la plateforme aujourd'hui fermée, son associé, un rabatteur présumé et des acteurs.
Ouverte en octobre 2020, l'information judiciaire s'est focalisée sur le «système» bâti par Julien D., un père de famille d'une quarantaine d'années.
Nombre de plaignantes ont évoqué des tournages sous alcool et stupéfiants et décrit leur «sidération» en y découvrant le nombre de partenaires masculins et les actes sexuels à réaliser, qui «s'enchaînaient (...) par surprise», relevaient les juges d'instruction.
Plusieurs plaignantes avaient aussi assuré avoir été torturées. Comme Fanny, alors âgée de 20 ans. «J'ai subi une double pénétration vaginale sans en être informée» et sans «y avoir consenti», avait-elle raconté lors d'un entretien avec l'AFP en mars 2025.
La plupart des inculpés ont affirmé que les femmes étaient consentantes, assurant qu'il s'agissait d'un jeu d'acteurs.
Avec cette décision, la cour d'appel semble suivre la réflexion de la Cour de cassation, plus haute juridiction judiciaire française. Dans son arrêt de mai 2025, consulté par l'AFP, cette dernière avait estimé que la chambre de l'instruction aurait dû retenir les caractères sexiste et raciste des viols, et donc penchait pour des assises.
Ainsi, la Cour concluait que la chambre s'était trompée quand elle avait estimé que les termes injuriants n'étaient pas tenus dans ces videos «en raison de l'appartenance des victimes au sexe féminin» ou «de leur appartenance ou supposée appartenance à une prétendue ethnie ou race».
Elle concluait également que la chambre de l'instruction aurait dû considérer les tournages comme du proxénétisme de la part des producteurs qui ont tiré profit de cette activité.
«Nous nous félicitons du renvoi aux assises», a réagi jeudi auprès de l'AFP Lorraine Questiaux, avocate de parties civiles. «La dimension raciste et sexiste des viols n'est pas du tout anecdotique, elle montre que la haine est au coeur du modus operandi de l'industrie pornographique et permet de comprendre le contexte dans lequel ces crimes ont été commis», a-t-elle ajouté.