Culture Plus de 175 chefs-d'oeuvre de la gravure exposés à Martigny

ATS

12.12.2025 - 17:08

«L'immense créativité des artistes dans le domaine de l'estampe» se révèle à travers la nouvelle exposition de la Fondation Gianadda. «De Manet à Kelly: l'art de l'empreinte» présente 178 chefs-d'oeuvre de la gravure des XIXe et XXe siècles jusqu'au 14 juin 2026. Une collection de la Bibliothèque de l'Institut national d'histoire de l'art (INHA) de Paris.

La nouvelle exposition de la Fondation Gianadda propose de découvrir 178 chefs-d'oeuvre de la gravure des XX et XIXe siècles.
La nouvelle exposition de la Fondation Gianadda propose de découvrir 178 chefs-d'oeuvre de la gravure des XX et XIXe siècles.
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Keystone-SDA

Edouard Manet, Elssworth Kelly, Francisco de Goya ou Edvard Munch font partie des noms qui habillent les murs de l'institution muséale martigneraine. Cette «présentation exceptionnelle d'oeuvres modernes et contemporaines» plonge le public dans la collection initiée par le couturier et mécène français Jacques Doucet. Un «personnage fascinant», d'ailleurs célèbre pour avoir été le premier acquéreur des célèbres Demoiselles d'Avignon de Pablo Picasso en 1924.

L'estampe, c'est quoi? «C'est toujours une gageure d'en parler», admet l'un des commissaires de l'exposition Victor Claass, lors de la visite de presse vendredi. Car c'est une famille de médiums et de pratiques, qui sont très différentes dans les rendus".

Reste qu'à l'origine, il y a cette fameuse «empreinte», dont le principe s'explique volontiers: «on peut mettre la main dans le sable et répéter l'opération», illustre Victor Claass. S'y retrouve donc l'idée «d'estampe comme multiple», commente à son tour Eléa Sicre, l'autre cheffe d'orchestre du projet. «Mais il y a aussi l'idée d'original, chaque ‹épreuve› étant différente».

Grande variété d'oeuvres

La Fondation accueille ainsi certains «trésors» des grands artistes et des pièces de «ceux que l'on voit moins.» Les oeuvres de Jeanne Bardey, élève de Rodin, trouvent par exemple leur place aux côtés des gravures du maître sculpteur.

Presque pensée comme un «manifeste» de l'estampe, l'exposition se déroule au fil d'une dizaine de séquences thématiques, dont une est dédiée aux multiples techniques de la gravure. Entre lithographie, sérigraphie, aquatinte ou encore gravure sur bois.

Loin de n'exposer que du noir et blanc, l'accrochage déploie aussi ses paysages, scènes de spectacles et couleurs. Dans une «confrontation impertinente», les teintes vives des oeuvres de Vera Molnár côtoient par exemple celles d'Edvard Munch. Les estampes d'Henri Toulouse-Lautrec peuvent aussi être mentionnées. Au passage, les pièces de la série «Miss Loïc Fuller» font partie des premières pièces choisies pour l'exposition, «Léonard Gianadda y tenant énormément», glisse Eléa Sicre.

Il s'agit de se «rendre compte que tous les mouvements artistiques ont trouvé un moyen d'expression dans l'estampe», résume Victor Claass. Et la présentation joue de ces associations et résonances inédites.

Prolongement d'une expo de 1992

«De Manet à Kelly: l'art de l'empreinte» a elle-même été pensée en écho à l'exposition «De Goya à Matisse» de 1992, où certaines oeuvres avaient déjà été présentées. Il s'agit ici d'une forme de «deuxième volet», qui engage de nouvelles pièces et «un tout autre accrochage», relève la commissaire d'exposition.

Si les estampes présentées font partie du patrimoine de la bibliothèque de l'INHA - qui a hérité des collections de Jacques Doucet au début du XXe - elles portent aussi «l'empreinte» de Léonard Gianadda. En 1989, le mécène valaisan décédé il y a deux ans avait déjà témoigné son intérêt pour le patrimoine, en permettant la restauration de quelque 3000 estampes.

Aujourd'hui, les collections de l'Institut national d'histoire de l'art (INHA) comptent près de 25'000 estampes et ne cessent d'être alimentées par de nouvelles acquisitions. La sélection d'oeuvres exposées à la Martigny intègre des pièces qui ont rejoint les collections de l'institution parisienne bien après l'engagement de Jacques Doucet. Notamment des contemporaines, avec Zao Wou-Ki, Molnár, Joan Mitchell ou encore Thomas Schütte.