Procès aux assises du Bas-Rhin d'un sexagénaire pour féminicide

ATS

13.1.2022 - 11:58

«Je reconnais les faits»: le procès aux assises d'un homme âgé de 61 ans accusé d'avoir tué sa femme à coups de couteau sous les yeux de sa fille en 2019 a débuté jeudi à Strasbourg. Ce féminicide avait provoqué une vive émotion jusqu'au plus haut sommet de l'Etat.

Un homme de 61 ans accusé d'avoir tué son épouse en 2019 comparaît depuis jeudi devant les assises du Bas-Rhin. Le ministre français de l'intérieur lors du drame avait déclaré que personne ne pouvait accepter un féminicide (photo symbolique),
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13.1.2022 - 11:58

Vêtu d'un pull gris clair, l'accusé a d'emblée reconnu devant la cour avoir tué son épouse dans la nuit du 10 au 11 novembre 2019 à Oberhoffen-sur-Moder (Bas-Rhin). Il avait porté plusieurs coups de couteau au niveau du cou et du thorax de son épouse de 40 ans, selon les déclarations de plusieurs témoins.

L'accusé avait lui-même appelé les gendarmes le soir des faits, leur répétant: «j'ai buté ma femme». Par la suite, il avait reconnu, en garde à vue puis devant la juge d'instruction, avoir voulu donner la mort à sa femme. Le sexagénaire est poursuivi pour «meurtre sur conjoint».

Vive émotion

Ce meurtre avait suscité une vive émotion en Alsace, où plusieurs centaines de personnes avaient participé à une marche blanche en mémoire de la victime.

Le couple était en instance de divorce, un an après leur mariage. Un mois avant les faits, le parquet de Strasbourg avait été saisi d'une plainte de la victime évoquant «des disputes et des violences légères ainsi que des menaces de dégradations» sur un véhicule.

Personnalité violente

L'expertise psychologique menée sur l'accusé, ancien conducteur de tramway, a fait état d'une personnalité «violente et ego-centrée». Il avait été renvoyé de son travail en raison de sa consommation d'alcool.

Le verdict est attendu vendredi. La fille de la victime attend une peine à la hauteur de la mémoire de sa mère et souhaite que ce procès serve aussi la lutte contre les violences faites aux femmes et contre les féminicides, a déclaré à l'AFP Me Maxime Bordron, avocat des parties civiles.

«Personne ne peut accepter un féminicide. Nous devons toute la transparence à la fille de la victime», avait déclaré le ministre de l'Intérieur de l'époque, Christophe Castaner. Selon le dernier bilan du ministère de l'Intérieur, 102 hommes ont tué leur conjointe ou ex-conjointe en 2020. Ils étaient 146 en 2019.

ATS