Japon

Révision du procès du «plus ancien» condamné à mort

ATS

23.12.2020 - 12:05

La Cour suprême nippone a confirmé un jugement autorisant la révision du procès d'un Japonais ayant passé 48 ans dans les couloirs de la mort après sa condamnation à la peine capitale en 1968 pour un quadruple assassinat.

Cette photo non datée montre le visage
Cette photo non datée montre le visage d'Iwao Hakamada jeune. L'homme, âgé aujourd'hui de 84 ans est libre depuis 2014.
KEYSTONE

Iwao Hakamada, aujourd'hui âgé de 84 ans, avait avoué le crime après des semaines d'interrogatoires en détention avant de se rétracter. Il ne cessait depuis de clamer son innocence, mais la peine avait été confirmée en 1980. Cet ancien boxeur avait été relâché en 2014, un tribunal admettant des doutes sur sa culpabilité en se basant sur des tests ADN et décidant de lui offrir un nouveau procès.

Mais coup de théâtre en 2018: sur appel du parquet, la Haute cour de Tokyo avait remis en cause la fiabilité des tests et annulé la décision. Iwao Hakamada attendait depuis, en liberté, que la Cour suprême tranche.

Séquelles psychologiques

«La Cour suprême a pris aujourd'hui la décision de casser la décision de la Haute cour de Tokyo» empêchant M. Hakamada d'être de nouveau jugé, a écrit son avocat, Yoshiyuki Todate, sur son blog. «Le fait que le chemin vers la révision du procès n'ait pas été bloqué est extrêmement bienvenu. J'ai encore les mains qui tremblent après avoir entendu cela. Je suis vraiment, vraiment content».

Les soutiens d'Iwao Hakamada mettent en avant les séquelles psychologiques que lui ont laissé quatre décennies en cellule à craindre la pendaison.

Ces dernières années, les demandes de révision de procès se multiplient dans l'archipel, en raison de changements dans la justice, dont la mise en oeuvre de jurys populaires pour les crimes graves et le fait que les procureurs doivent présenter les preuves matérielles à la défense.

Ce n'était pas le cas autrefois et aboutissait à faire d'aveux les éléments probants. Depuis les années 1980, quatre condamnés à mort ont été innocentés au Japon, plusieurs décennies après leur première sentence.

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ATS