Savoie: cinq morts dans le crash en altitude d'un hélicoptère

ATS

9.12.2020 - 18:41

epa08872522 An helicopter stands on a tarmac near the French company Service Aerien Francais (SAF) building in Tournon, near Bonvillard, south-eastern France, 09 December 2020. A SAF helicopter has crashed in Bonvillard on 08 December, near Chambery, in the French Alps close to the Swiss border, leaving five people dead and a sixth in critical condition. EPA/GUILLAUME HORCAJUELO
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Source: EPA/GUILLAUME HORCAJUELO

Un hélicoptère de secours en montagne s'est écrasé pour des raisons encore inconnues mardi soir à 1800 mètres d'altitude en Savoie. L'accident a fait cinq morts et un seul survivant, un pilote instructeur, grièvement blessé.

L'hélicoptère, un Airbus EC135 de la compagnie privée Service aérien français (SAF), s'est écrasé vers 19h00 avec à son bord quatre de ses employés et deux secouristes du détachement de la Savoie de la CRS Alpes sur la commune de Bonvillard, à une quinzaine de kilomètres au sud-ouest d'Albertville, dans un secteur enneigé.

«Le bilan est lourd», a annoncé devant la presse mardi soir le préfet de Savoie Pascal Bolot, déplorant un «accident dramatique» lors d'un entrainement de secours en montagne.

«Selon toutes probabilités, l'appareil était en train de terminer un exercice d'hélitreuillage lors de la survenue de l'accident», a précisé mercredi après-midi la procureure d'Albertville, Anne Gaches, dans un communiqué.

Outre les deux secouristes de la CRS Alpes, les employés du SAF décédés sont un pilote, un instructeur treuilliste et un treuilliste, a précisé Mme Gaches.

Un seul survivant

La préfecture a précisé mercredi que le seul survivant était un pilote instructeur, sans être en mesure d'indiquer s'il était lui-même aux commandes de l'appareil.

En état d'urgence absolue, il a été retrouvé à 21h15 et a dû être porté par des militaires «dans des conditions particulièrement difficiles» avant d'être acheminé par voie terrestre au CHU de Grenoble, où il a été pris en charge en soins intensifs dans la nuit, toujours selon la préfecture.

Dès l'alerte vers 19h00, «l'ensemble de la chaîne de secours s'est mise en branle (...) avec trois hélicoptères au total». Mais «compte tenu du brouillard, une intervention terrestre a été diligentée», a déclaré M. Bolot.

Ouverture d'une enquête

Le parquet d'Alberville, qui a ouvert une enquête et s'est transporté au plus près des lieux mardi soir, a confié les investigations à la section des recherches de la gendarmerie des transports aériens (SRTA) en co-saisine avec la Section de recherche de Chambéry, la gendarmerie de Savoie, le Peloton de gendarmes de haute montagne (PGHM) de Bourg-Saint-Maurice, ainsi que l'Institut de recherche criminelle de la gendarmerie (IRCGN).

La police nationale a rendu hommage dans un tweet aux CRS, un capitaine de 45 ans commandant d'unité à Albertville et un brigadier de 39 ans. La CRS Alpes avait déjà été endeuillée en octobre 2019, avec la mort d'un secouriste de 39 ans au cours d'un sauvetage à la Barre des Ecrins (Hautes-Alpes).

«Météo difficile»

La gendarmerie a rapporté que l'accident était survenu sur une façade boisée du massif du Grand Arc à un moment où les conditions météorologiques étaient difficiles. La zone de l'accident est enneigée sur 40 centimètres.

Une quinzaine de personnes ont formé une caravane terrestre pour évacuer le blessé tard mardi soir, et ont dû franchir à pied 700 mètres de dénivelé. C'est ce dernier qui avait pu donner l'alerte en communiquant avec sa société.

Mercredi, le village de Bonvillard était encore noyé dans le brouillard. Des personnes sont venues remettre des bouquets de fleurs au siège du SAF à Albertville, où des proches et des enquêteurs du BEA (Bureau d'enquêtes et d'analyses) ont également été accueillis, selon un journaliste de l'AFP sur place.

«Pour sauver des vies, ils prennent tous les risques», a réagi sur Twitter le président Emmanuel Macron. Les messages de soutien et de condoléances ont afflué toute la journée. «La grande famille du secours en montagne est particulièrement endeuillée», a réagi le PGHM.

Le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin se rendra sur place jeudi et non mercredi comme annoncé dans un premier temps.

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