Procès choc en France Sept années de prison requises contre un dentiste jugé pour des dizaines de mutilations

Marjorie Kublun

7.5.2026

Sept années de prison, avec mandat de dépôt à l'audience, ont été requises jeudi à l'encontre d'un ex-dentiste de 61 ans, accusé d'avoir pratiqué des opérations médicalement injustifiées et bâclées ayant occasionné des mutilations chez des dizaines de ses patients en Lozère.

Sept années de prison ont été requises jeudi à l'encontre d'un ex-dentiste de 61 ans, accusé d'avoir pratiqué des opérations médicalement injustifiées et bâclées ayant occasionné des mutilations chez des dizaines de ses patients en Lozère. (Image symbolique)
Sept années de prison ont été requises jeudi à l'encontre d'un ex-dentiste de 61 ans, accusé d'avoir pratiqué des opérations médicalement injustifiées et bâclées ayant occasionné des mutilations chez des dizaines de ses patients en Lozère. (Image symbolique)

Agence France-Presse

«Il a mis à profit ses connaissances professionnelles et son statut de chirurgien-dentiste à la seule fin de récupérer des sommes indues, en mutilant ses patients», a déclaré dans son réquisitoire le procureur Valéry Morron à l'encontre du Dr José Pereira Mendes, jugé depuis mercredi par le tribunal correctionnel de Mende.

«Il a mortifié la dentition de dizaines de patients en si peu de temps, il leur a enlevé leur dignité», par un «travail inutile, bâclé, risqué», a ajouté le procureur, qui a également réclamé une interdiction définitive d'exercer" son activité de dentiste, ainsi qu'une interdiction définitive du territoire français.

Le représentant du ministère public a estimé établies l'ensemble des infractions reprochées à M. Mendes, qui a exercé de 2018 à début 2021 dans la région de Mende: «faits de violences suivies de mutilation ou infirmité permanente», «escroquerie au préjudice d'un organisme de protection sociale», «abus de confiance» et «blanchiment».

Le procès a vu défiler à la barre des plaignants et anciens patients du prévenu qui ont témoigné de pratiques consistant à leur arracher, sans justification médicale, de nombreuses dents saines pour poser des implants défectueux, avec à la clef de profondes séquelles et morales.

Quarante-quatre patients ont été identifiés comme victimes dans le dossier d'instruction mais leur nombre total pourrait être plus élevé, la sécurité sociale ayant relevé 1.234 anomalies dans 131 dossiers.

La sécurité sociale a estimé son préjudice à plus de 330.000 euros.

L'ex-dentiste, qui encourt dix années de prison, est resté sans réaction pendant le réquisitoire. Le jugement du tribunal est attendu en début de soirée, après la plaidoirie de la défense.

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