France Surveillante tuée: vers la mise en examen du collégien

ATS

12.6.2025 - 17:42

Des établissements scolaires de toute la France ont observé jeudi midi une minute de silence en hommage à la surveillante d'un collège du nord-est du pays tuée de plusieurs coups de couteau par un collégien. L'adolescent doit être inculpé.

Son placement en détention provisoire a été demandé (photo prétexte, archives).
Son placement en détention provisoire a été demandé (photo prétexte, archives).
sda

Keystone-SDA

Le parquet a requis l'inculpation de cet ado de 14 ans pour «meurtre d'une personne chargée de mission de service public». Il a aussi requis son inculpation pour «violences volontaires ayant entraîné une incapacité supérieure à huit jours» contre un gendarme blessé lors de son interpellation.

Son placement en détention provisoire a été demandé.

Le collégien est présenté jeudi à un juge d'instruction après deux jours de garde à vue.

En raison de sa minorité, il encourt 20 ans de réclusion criminelle au lieu de la prison à perpétuité.

Le collège de Nogent où s'est produit le drame a rouvert ses portes jeudi matin, mais seules quelques dizaines d'élèves y sont retournés dans la matinée, a constaté l'AFP.

Ils y ont respecté à midi une minute de silence à la mémoire de Mélanie, la surveillante de 31 ans poignardée. La ministre de l'Éducation Élisabeth Borne avait demandé que cet hommage soit rendu dans tous les établissements scolaires du pays.

«Ce temps de recueillement sera l'expression collective de notre refus absolu de toute forme de violence et de notre détermination à soutenir ensemble, plus que jamais, notre école et ceux qui la font», a affirmé la ministre jeudi.

«Désinhibition de la violence»

Le président Emmanuel Macron a déploré en conseil des ministres une «désinhibition de la violence (...) pour laquelle il va falloir évidemment apporter des solutions», a rapporté la porte-parole du gouvernement Sophie Primas.

Mercredi, le chef de l'Etat avait estimé que l'accès des plus jeunes aux réseaux sociaux était porteur d'"épidémies de violences» qu'il faut «absolument réguler», promettant leur interdiction aux moins de 15 ans.

Thomas, 16 ans, élève dans la classe du collégien, se souvient d'une surveillante «gentille et adorable», «une belle personne». Concernant l'auteur des faits, il parle d'un garçon «plutôt sympa» mais qui «des fois, (n')avait pas le moral».

«On voit l'état psychologique de nos élèves se dégrader d'année en année», alerte Chloé Juvin, 27 ans, surveillante dans un collège de Rennes, dans l'ouest de la France.

«On est multi-casquette, on fait un peu l'infirmière, un peu le psy, en fait on est la première ligne qu'ils trouvent», souligne une de ses collègues, Clémentine Bidaud, 29 ans.

Pendant sa garde à vue, le collégien a dit vouloir tuer une surveillante, «n'importe laquelle», a rapporté mercredi le procureur de Chaumont, Denis Devallois, dressant le portrait glaçant d'un adolescent «fasciné par la violence» et «en perte de repères».

Marche blanche

Il a été interpellé mardi matin juste après les faits, lors d'un contrôle inopiné des sacs des élèves par des gendarmes devant son établissement.

Le suspect ne présente «aucun signe évoquant un possible trouble mental», selon le procureur.

Antoine Chateau, l'avocat de l'adolescent, a dit dans un communiqué transmis jeudi à l'AFP se dissocier «de certaines affirmations faites» par le procureur et avoir «pris note qu'il y aurait des expertises psychologiques et psychiatriques».

Le drame de Nogent a eu un énorme retentissement dans le monde éducatif et politique en France.

Au-delà de l'interdiction immédiate de la vente de couteaux aux mineurs et «l'expérimentation» de portiques de sécurité voulue par le premier ministre François Bayrou, le camp présidentiel et la gauche préviennent que la réponse est multiple et qu'il n'y a pas de «solution magique». La droite, elle, insiste sur «la sanction».

Les proches de la victime ont annoncé une marche blanche à Nogent vendredi après-midi. Sur la grille de l'établissement, des familles, passants ou proches, ont déposé des roses blanches, des bouquets, et parfois un message de soutien.