Drame de Crans-Montana Un ancien chargé de sécurité communal dans le viseur de la justice

Valérie Passello

28.1.2026

Le ministère public du Valais qui enquête sur l'incendie meurtrier de Crans-Montana en Suisse a ouvert une instruction pénale contre un ancien chargé de sécurité de la commune, a révélé mercredi la télévision suisse publique RTS.

La véranda de la terrasse du bar « Le Constellation » est photographiée après l'incendie qui s'est déclaré dans le bar-salon « Le Constellation », à Crans-Montana, en Suisse, le mercredi 28 janvier 2026. 
La véranda de la terrasse du bar « Le Constellation » est photographiée après l'incendie qui s'est déclaré dans le bar-salon « Le Constellation », à Crans-Montana, en Suisse, le mercredi 28 janvier 2026. 
KEYSTONE

Agence France-Presse

Le ministère public du Valais qui enquête sur l'incendie meurtrier de Crans-Montana en Suisse a ouvert une instruction pénale contre un ancien chargé de sécurité de la commune, a révélé mercredi la «RTS».

Ce responsable de plusieurs contrôles incendie dans le bar de Crans-Montana, où 40 personnes ont trouvé la mort et 116 autres ont été blessés la nuit du nouvel an, doit être auditionné le 9 février, selon la RTS, qui ne précise toutefois pas les charges retenues contre lui.

Son avocat a confirmé l'information à nos confrères.

Le ministère public valaisan n'a pas répondu aux requêtes de l'AFP à ce sujet.

L'incendie du bar Le Constellation, qui a principalement frappé des adolescents et de jeunes adultes dont des Français et des Italiens, a été provoqué selon l'enquête par les étincelles de bougies «fontaine» qui ont enflammé une mousse insonorisante au plafond du sous-sol de l'établissement.

L'enquête devra lever le voile sur les circonstances exactes de l'incendie, le respect des normes par les propriétaires et les différentes responsabilités, alors que la commune de Crans-Montana a notamment reconnu avoir failli à effectuer des contrôles sécurité et incendie dans l'établissement depuis 2019.

En tant que propriétaires de l'établissement, un couple de Français, Jacques et Jessica Moretti, font l'objet d'une instruction pénale pour «homicide par négligence, de lésions corporelles par négligence et d'incendie par négligence».

M. Moretti a été placé en détention provisoire le 9 janvier, puis libéré le 23 - après le paiement d'une caution - et placé comme son épouse sous mesures de contrainte.

La cheffe du gouvernement italien Giorgia Meloni a exprimé samedi sa «vive indignation» après sa libération.

Et le gouvernement italien a exigé lundi la mise en place d'une équipe conjointe d'enquêteurs. Tant que cette condition ne sera pas remplie, Rome a prévenu que son ambassadeur en Suisse, rappelé samedi en signe de protestation après la libération de M. Moretti, ne reprendrait pas ses fonctions sur place.

Demande italienne à examiner

Le gouvernement suisse a discuté mercredi des critiques formulées par l'Italie.

«Il comprend le choc que cette catastrophe a également provoqué en Italie. Il partage la demande d'une enquête approfondie et professionnelle sur les causes et les responsabilités de l'accident», a déclaré la porte-parole du gouvernement suisse, Nicole Lamon, aux journalistes, après la réunion des ministres.

Elle a indiqué que la Suisse a reçu la demande d'entraide judiciaire italienne le 13 janvier et l'a transmise le lendemain au ministère public valaisan. Ce dernier entend se prononcer «d'ici à la fin de cette semaine sur cette demande italienne», a indiqué Mme Lamon.

Une délégation de skieuses italiennes est venue se recueillir mercredi à proximité du bar Le Constellation avant les épreuves de Coupe du monde, qui débutent vendredi à Crans-Montana et qui seront aussi marquées par des moments de silence.

Une instruction ouverte contre les gérants du bar à Crans-Montana

Une instruction ouverte contre les gérants du bar à Crans-Montana

Une instruction pénale a été ouverte vendredi soir contre les gérants du bar «Le Constellation» après l'incendie qui a ravagé l'établissement. Le couple est prévenu d’homicide par négligence, de lésions corporelles par négligence et d’incendie par négligence. Les premiers éléments de l'enquête, menée sous la direction du Ministère public, ont conduit à l'ouverture d'une instruction pénale contre les deux gérants de ce bar à deux étages. La présomption d'innocence s'applique, indiquent samedi la police cantonale et la Ministère public valaisan dans un communiqué commun.

03.01.2026