FranceUn ancien secrétaire d'Etat sera jugé pour agressions sexuelles
Alix Maillefer
25.11.2025
L'ex-secrétaire d'Etat écologiste français Jean-Vincent Placé, déjà condamné pour harcèlement sexuel, sera jugé à Paris pour des agressions sexuelles qu'il conteste sur deux femmes à l'étranger entre 2016 et 2017, un procès rarissime lié au mouvement #Metoo en politique.
L'ancien secrétaire d'État Jean-Vincent Placé, déjà condamné pour harcèlement sexuel en 2021, sera jugé à Paris pour agression sexuelle sur deux femmes entre 2016 et 2017.
AFP
Agence France-Presse
25.11.2025, 18:30
Alix Maillefer
Selon des sources proches du dossier, un juge d'instruction parisien a renvoyé le 20 novembre cette ex-figure de l'écologie de 57 ans, qui a contesté durant l'enquête avoir sexuellement agressé une ancienne collaboratrice et dit ne pas se souvenir avoir fait de même pour une autre femme.
La date d'audience n'est pas encore fixée.
Pour le juge, M. Placé a agi selon un même «mode opératoire»: dans des taxis, en déplacement professionnel à l'étranger et alors qu'il était alcoolisé.
Il «a toujours très fermement contesté et conteste toujours les faits qui lui sont reprochés», a indiqué à l'AFP l'une de ses avocates, Jade Dousselin.
L'enquête avait été déclenchée par une plainte d'Audrey (prénom modifié), révélée fin 2021 par l'AFP et le le site d'informations Mediapart.
Audrey, qui n'a pas souhaité commenter l'information mardi, accusait son ex-supérieur de plusieurs agressions sexuelles, notamment de lui avoir touché les seins lors d'une soirée à Séoul en Corée du Sud en mai 2016, et aussi plus généralement de l'avoir harcelée sexuellement sur plusieurs mois, lorsqu'elle travaillait pour lui au Sénat puis au secrétariat d'État à la Réforme et à la Simplification.
Pour ces faits, M. Placé a été inculpé en mars 2022, notamment pour agression sexuelle par personne abusant de l'autorité conférée par ses fonctions.
La deuxième plaignante, qui n'entretenait pas de lien professionnel avec M. Placé, l'accuse de lui avoir touché les seins, les cuisses et d'avoir tenté de mettre sa main entre ses jambes lors d'une soirée en Corée du Sud en mars 2017.
Cette décision de renvoi devant un tribunal «clôture une procédure qui a été longue et éprouvante pour mes clientes», a salué leur avocat, Tewfik Bouzenoune.
Le casier judiciaire de M. Placé présente des antécédents: le 1er mars 2021, il avait été condamné à une amende pour harcèlement sexuel sur une gendarme en 2016, alors qu'il était membre du gouvernement sous la présidence du socialiste François Hollande, des faits qu'il avait reconnus lors d'une audience.
En 2018, il avait été condamné pour violence, outrage à une personne dépositaire de l'autorité publique et injure raciale.