Un humanitaire de MSF tué, des locaux de la Croix-Rouge saccagés

ATS

30.12.2020 - 20:31

epa03423394 A handout photograph dated 05 October 2012 and released by the African Union-United Nations Information Support Team (AU-UN IST) on 06 October 2012, showing a combat engineer of the Kenyan Contingent serving with the African Union Mission in Somalia (AMISOM) inspecting a hole in the ground where a suspected improvised explosive device (IED) was planted by the Al-Qaeda-affiliated extremist group Al Shabaab in the centre of the southern Somali port city of Kismayo adjacent to the old police station. The last bastion of the once feared Al Shabaab, Kismayo fell after troops of the SNA and the pro-government Ras Kimboni Brigade supported by Kenyan AMISOM forces entered the port city on 02 October following a two month operation across southern Somalia which saw the liberation of villages and centres along a distance of 120km from Afmadow to Kismayo. EPA/STUART PRICE / AU-UN IST / HANDOUT HANDOUT EDITORIAL USE ONLY/NO SALES
Image d'illustration
Source: KEYSTONE

Les ONG Médecins sans frontières, dont l'un des employés a été tué, et le Comité international de la Croix rouge (CICR), ont dénoncé mercredi «la nouvelle vague de violence» en Centrafrique. Les combats se poursuivent après les élections présidentielle et législatives de dimanche.

Un humanitaire de MSF est mort après l'attaque lundi d'un camion de transport public à Grimari, près de Bambari. La quatrième ville du pays située à quelque 380 km au nord-est de Bangui avait été prise temporairement la semaine dernière par des rebelles lors d'une offensive visant à perturber le processus électoral.

«Notre collègue n'était pas en service et avait emprunté ce camion de transport public pour se rendre de Bambari à Bangui quand la fusillade a éclaté», a déclaré mercredi l'ONG dans un communiqué. «Il y a eu 19 blessés et 3 morts», a précisé à l'AFP Emmanuel Lampaert, chef de mission de MSF en Centrafrique.

Dans la soirée du 27 décembre, les locaux du CICR à Bouar, dans l'ouest du pays, ont également été saccagés par des hommes armés qui ont aussi blessé trois employés de la sécurité. «Nous sommes choqués, c'est une attaque violente avec utilisation d'armes à feu», s'est indigné auprès de l'AFP Taoffic Touré, le coordinateur communication du CICR en Centrafrique.

«Ces incidents surviennent alors que les conditions de sécurité se sont fortement dégradées depuis quelques semaines à la suite d'affrontements entre groupes armés et forces étatiques», a précisé l'ONG dans un communiqué. Les deux organisations ont tenu à rappeler que les humanitaires ne devaient pas être pris pour cible des combats entre les rebelles et les forces du gouvernement, suppléées par des renforts venus du Rwanda et de Russie.

Elections perturbées

La coalition de l'opposition a par ailleurs demandé mercredi l'annulation des élections présidentielle et législatives du 27 décembre, perturbées par des groupes rebelles. Le scrutin a pourtant été salué comme «crédible» et «légitime» par le gouvernement et la communauté internationale.

Dans un pays occupé aux deux tiers par des groupes armés, des milliers de personnes ont été empêchées de voter ou privées de leur carte d'électeur, jamais arrivée en raison de l'insécurité due à une offensive rebelle et à la guerre civile qui ravage la Centrafrique depuis près de huit ans. Sur un total de 71 sous-préfectures, «29 n'ont pas voté», avait déclaré lundi le ministre de l'Administration du territoire.

La Coalition de l'opposition démocratique (COD-2020) regroupe les plus importants partis et mouvements de l'opposition. Elle avait déjà exigé le 19 décembre le report des élections, pendant que des groupes rebelles menaient une offensive contre le président sortant Faustin Archange Touadéra et promettaient de «marcher sur Bangui».

Pour la COD-2020, les élections de dimanche n'ont pas été «justes et inclusives et ne sont nullement l'expression de la volonté du peuple centrafricain».

La Centrafrique a été ravagée par la guerre civile après qu'une coalition de groupes armés à dominante musulmane, la Séléka, a renversé le régime du président François Bozizé en 2013. Depuis 2018, la guerre a évolué en un conflit de basse intensité, où les groupes armés contrôlent les deux tiers du territoire et se disputent le contrôle des ressources du pays, tout en perpétrant régulièrement des exactions contre les populations civiles.

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ATS