Faveurs sexuelles Un jeune bûcheron se fait passer pour une femme et défraie la chronique 

Gregoire Galley

7.3.2026

Un jeune bûcheron sera jugé à partir de lundi à Besançon pour avoir, en se faisant passer pour une femme, convaincu plus de 40 adolescents de lui envoyer des photos et vidéos intimes, et parfois obtenu des faveurs sexuelles, voire commis des viols, en menaçant de les diffuser.

Le jeune bûcheron  encourt 20 ans de réclusion criminelle (image d’illustration).
Le jeune bûcheron  encourt 20 ans de réclusion criminelle (image d’illustration).
ats

Agence France-Presse

L'accusé de 25 ans, qui est détenu et reconnait les faits, encourt 20 ans de réclusion criminelle. Il comparaît pour viols, agressions sexuelles, harcèlement sexuel ou encore atteintes à la vie privée, commis auprès de 43 jeunes (41 garçons et deux filles) de son entourage scolaire, amical ou professionnel.

La plupart des victimes étaient mineures au moment des faits, qui ont eu lieu entre 2018 et 2023. Parmi elles, sept adolescents ont dénoncé des viols, a précisé à l'AFP le substitut du procureur de Montbéliard, Jérémy Lhadi, qui représentera le ministère public lors de ce procès qui doit durer trois semaines.

L'enquête avait débuté en 2021 dans un petit village du nord du département du Doubs: un garçon avait dénoncé des agressions sexuelles de la part du jeune homme, qui suivait alors un apprentissage de bûcheronnage dans un centre de formation rural.

Dans le téléphone et l'ordinateur du suspect, les gendarmes avaient découvert «des dossiers nominatifs, avec des photos et des vidéos des victimes, ad nauseam», rapporte le magistrat.

Les enquêteurs décrivent un mode opératoire récurrent: sous couvert d'un profil de femme qu'il s'était créé sur les réseaux sociaux, le jeune homme abordait des garçons de son entourage plus ou moins proches.

«Tabous»

Au fil des échanges, il obtenait «des photos intimes d'eux, nus ou en train de se masturber», puis menaçait certains de diffuser ces images s'ils refusaient des relations sexuelles avec lui.

«Il a réussi a attirer un certain nombre de jeunes dans ses filets», observe le représentant du parquet, qui évoque des victimes «ravagées». La grande majorité ne se sont pas constituées partes civiles, mais sont appelées à témoigner.

Âgés aujourd'hui de 20 à 25 ans environ, «ils ne veulent plus entendre parler» des faits subis, et beaucoup sont «anéantis par la honte, alors qu'il n'y a pas lieu», a confié à l'AFP Me Jean-Baptiste Euvrard, qui défend quatre victimes, dont le premier garçon à avoir osé déposer plainte.

Les adolescents n'ont obtempéré aux demandes de l'accusé «que sous le chantage», mais restent marqués par l'"omerta" et les «tabous» qui prévalent dans «ce milieu rural et agricole», analyse-t-il.

Pour les avocats de la défense, Baptiste Monnot et Jules Briquet, l'enjeu des débats sera de «comprendre le passage à l'acte» du jeune bûcheron, et le lien entre les faits qui lui sont reprochés et son «homosexualité refoulée».

«Il sera important de décortiquer sa personnalité, son environnement familial et le milieu dans lequel il a évolué», afin de «comprendre pourquoi il a agi comme ça, plutôt que de faire un coming out», estime Me Monnot.

L'audience devant la cour criminelle du Doubs est programmée jusqu'au 27 mars. La cour décidera lundi, en fonction des demandes des parties civiles, si les débats se tiendront à huis clos.