Attentats de Paris

Une journaliste interviewe un terroriste pendant sa cavale

blue News

7.9.2021

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7.9.2021

Au lendemain des attaques du 13 novembre à Paris, Salah Abdeslam, suspect numéro un, prend la fuite en voiture, direction la Belgique. C'est à ce moment que sans le savoir, une journaliste belge récolte son témoignage. L'affaire a été révélée par la RTBF. 

TOPSHOT - This video image taken from a CCTV camera at a petrol station in Ressons, North of Paris, on November 11, 2015 shows Salah Abdeslam (R), a suspect in the Paris attack of November 13, and Mohamed Abrini (C) buying goods.
Investigators are still seeking Salah Abdeslam, a 26-year-old Frenchman living in Belgium, who is thought to have hired the cars used by the attackers and arranged hotel apartments for the nights before the rampage and Mohamed Abrini, a 30-year-old Moroccan Belgian, suspected of having participated in scouting out the attack sites with Abdeslam.
 / AFP / OFF / -        (Photo credit should read -/AFP via Getty Images)
Salah Abdeslam, à droite, lors de sa cavale.
AFP via Getty Images

Nous sommes le 14 novembre 2015. Alors que la France se réveille sous le choc après les pires attentats de son histoire, une journaliste de la RTBF est envoyée à la frontière franco-belge pour y tourner un reportage. Sur place, Charlotte Legrand réalise un micro-trottoir et interroge au hasard des automobilistes ralentis par les barrages routiers installés par la police. Elle tend notamment son micro à trois jeunes hommes et leur demande d'où ils viennent et ce qu'ils pensent de ces contrôles d’identité.

«Celui-là, c’est le troisième. Troisième contrôle. Franchement, on a trouvé ça un peu abusif. Mais on a compris un petit peu le sens de… Le pourquoi. Après, on a su le pourquoi», entend-on dans un extrait audio révélé par la RTBF.

Ce que la reporter ignore à l'époque, c'est que parmi ces hommes se trouve l'unique survivant du commando terroriste qui a frappé la capitale française la veille, Salah Abdeslam. À ce moment-là, il n’a pas encore été identifié.

«Ils n'étaient pas spécialement sympathiques, mais ils ont répondu à mes questions le temps que leurs cartes d'identité soient contrôlées. Quand ils ont récupéré leurs papiers, ils ont coupé court à la conversation et ont remonté leur vitre. Ils m'ont un peu éjectée», témoigne la journaliste.

Ce n'est que quatre moi plus tard que le djihadiste sera arrêté, à Molenbeek, après une longue cavale. Son procès s'ouvre ce mercredi 8 septembre.