Inquiétude grandissanteUne personne sur trois porte un germe possible d’un cancer de l'estomac
Sven Ziegler / trad.
8.7.2025
Une bactérie présente dans l'estomac suscite une inquiétude croissante chez les chercheurs. En effet, Helicobacter pylori est répandue dans le monde entier et est responsable de la majorité des cancers de l'estomac. Un dépistage précoce serait pourtant facile.
La bactérie Helicobacter pylori peut provoquer un cancer de l'estomac.
Yutaka Tsutsumi / Wikimedia
Sven Ziegler / trad.
08.07.2025, 11:58
08.07.2025, 13:59
Sven Ziegler
Selon de nouvelles études, la bactérie gastrique Helicobacter pylori est responsable d'environ 76 pour cent de tous les cancers de l'estomac dans le monde. C'est ce que rapporte une équipe de chercheurs du Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) dans la revue spécialisée Nature Medicine.
Environ 15,6 millions de personnes nées entre 2008 et 2017 pourraient développer un cancer de l'estomac au cours de leur vie, dans la plupart des cas à cause de H. pylori. Malgré ces chiffres inquiétants, le germe n'est guère testé systématiquement dans de nombreux pays, critiquent les chercheurs. Seuls le Japon et le Bhoutan ont des programmes de dépistage qui fonctionnent.
En Allemagne et en Suisse, environ une personne sur trois est infectée par le germe, souvent sans symptômes. Or, il peut provoquer non seulement un cancer de l'estomac, mais aussi des ulcères gastriques, des inflammations chroniques ou de rares lymphomes. Particulièrement insidieux : de nombreuses personnes touchées ne remarquent rien pendant des décennies.
Un dépistage précoce plutôt que des conséquences tardives
Le diagnostic serait pourtant simple : des tests respiratoires, des échantillons de selles ou des examens de tissus chez le médecin permettent d'y voir rapidement plus clair. Le traitement se fait généralement par une combinaison de bloqueurs d'acide et d'antibiotiques pendant dix à quatorze jours avec un taux de réussite très élevé. Une nouvelle infection est rare.
A long terme, les spécialistes espèrent un vaccin. Selon le CIRC, seule une étude de phase 3 sur des enfants en Chine a été achevée jusqu'à présent. En revanche, des applications à grande échelle ne sont pas encore en vue. Il y aurait pourtant de bons modèles à suivre : Les vaccins contre le papillomavirus humain ou l'hépatite B ont déjà fait reculer massivement certains types de cancer.
Selon les données de Hirslanden, environ 900 nouveaux cas de cancer de l'estomac sont enregistrés chaque année en Suisse, alors que le nombre de nouveaux cas dans le monde s'élève à près d'un million. Selon les chercheurs, une stratégie ciblée contre H. pylori pourrait faire baisser ce chiffre de manière significative.