Irlande du Nord Violences anti-immigration: 3 jeunes inculpés

ATS

12.6.2025 - 17:45

Trois jeunes hommes, dont deux mineurs, ont été inculpés jeudi pour leur rôle dans les violences anti-immigration en Irlande du Nord qui ont fait depuis lundi une quarantaine de blessés parmi les forces de l'ordre.

Ils ont été inculpés pour émeutes et le plus jeune est poursuivi en outre pour dégradations (photo prétexte, archives).
Ils ont été inculpés pour émeutes et le plus jeune est poursuivi en outre pour dégradations (photo prétexte, archives).
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Keystone-SDA

A l'issue d'une troisième nuit de heurts, les trois jeunes âgés de 15, 17 et 18 ans ont brièvement comparu devant la justice. Ils ont été inculpés pour émeutes et le plus jeune est poursuivi en outre pour dégradations.

Une autre personne avait déjà été inculpée précédemment dans le cadre de ces violences qui secouent en particulier la ville de Ballymena. Elles ont éclaté à la suite de l'inculpation de deux adolescents pour la tentative de viol d'une jeune fille dans cette ville située à une cinquantaine de kilomètres au nord de Belfast.

La police, qui a qualifié ces violences de «racistes», n'a pas communiqué sur l'origine des deux jeunes. Mais selon les médias britanniques, ils se sont exprimés par l'intermédiaire d'un interprète roumain lors de leur comparution lundi au tribunal.

Les émeutes ont visé un quartier où vit une importante population immigrée, notamment d'Europe de l'est. Des habitations et des commerces notamment ont été incendiés.

«Des locaux vivent ici»

Mercredi soir, des individus s'en sont à nouveau pris aux forces de l'ordre, en jetant vers elles cocktails Molotov, feux d'artifice et autres projectiles, ainsi qu'une hachette, selon la police, qui a eu recours à un canon à eau pour disperser la foule.

Un centre de loisirs, où des familles déplacées par les émeutes à Ballymena avaient été logées temporairement, a été incendié à Larne, à une trentaine de kilomètres de là, sans qu'aucun blessé ne soit à déplorer.

Un porte-parole du premier ministre Keir Starmer a condamné cette nouvelle flambée de violences, dénonçant des scènes «scandaleuses». La veille, il avait condamné des violences «insensées».

Sur Clonavon road, où la plupart des émeutes ont eu lieu, peu de gens étaient disposés à parler. Dans les rues voisines, portes et fenêtres de plusieurs habitations portent les stigmates des violences. Et sur presque toutes les fenêtres, des drapeaux du Royaume-Uni, d'Angleterre ou d'Irlande du Nord.

A Harryville, un quartier à proximité, des panneaux «Locals live here» ("des gens du coin vivent ici") ont fait leur apparition sur des habitations.

Policiers blessés

Au-delà de Ballymena, des incidents ont aussi eu lieu mercredi soir à Carrickfergus et Newtownabbey, non loin de Belfast, ainsi qu'à Coleraine, dans le nord de la province britannique, où le trafic des trains et des bus a dû être interrompu. Des rassemblements ont eu lieu à Belfast mais se sont déroulés «majoritairement dans le calme», selon la police.

Six personnes ont été arrêtées pendant la nuit, en plus de six interpellations lors des nuits précédentes. «D'autres arrestations suivront», a indiqué la police, se disant déterminée à «identifier tous les responsables de ces désordres criminels».

Au total, une quarantaine de policiers ont été blessés.

Ryan Henderson, responsable de la police d'Irlande du Nord, a de nouveau condamné un «comportement criminel complètement inacceptable».

«Ce que nous avons vu hier soir a provoqué de la peur et d'énormes perturbations pour les populations, notamment dans notre réseau de transport», a-t-il souligné.