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Le cochon est considéré comme impur par l'islam (image d’illustration).
ats
Des étoiles de David taguées aux têtes de cochon déposées devant des mosquées, le spectre de l'ingérence étrangère en France plane sur neuf dossiers gérés depuis octobre 2023 par le parquet de Paris. Retour sur ces tentatives de déstabilisation visant, selon la procureure Laure Beccuau, à «semer le trouble» et «créer des fractures» au sein de la population.
Le 31 octobre 2023, peu après l'attaque sans précédent du mouvement islamiste Hamas contre Israël, suivie de représailles sanglantes israéliennes à Gaza, une soixantaine d'étoiles de David sont découvertes dans le 14e arrondissement de Paris, ainsi que dans les ressorts de Bobigny et Nanterre, en région parisienne. Aucune inculpation n'a eu lieu à ce stade.
Deux Moldaves, interpellés le 27 octobre après avoir été surpris en train de taguer une étoile bleue, ont été placés en centre de rétention en vue de leur expulsion. Ils ont expliqué avoir reçu une commande d'un tiers.
Dans la nuit du 13 au 14 mai 2024, 35 tags représentant des mains rouges - symbole pouvant être lié au lynchage de soldats israéliens à Ramallah, en Cisjordanie, en 2000 - sont apposées au pochoir sur le Mur des Justes au Mémorial de la Shoah à Paris. Plusieurs dizaines de tags similaires sont découverts dans les 4e et 5e arrondissements.
Des notes des renseignements font état d'une possible «action de déstabilisation de la France orchestrée par les services de renseignement russe (...) dans le cadre d'une stratégie plus large visant à diffuser de fausses informations» et «diviser l'opinion française».
Quatre Bulgares seront jugés fin octobre. Trois sont incarcérés depuis leur extradition depuis la Croatie et la Bulgarie, «la quatrième personne, en fuite, fait l'objet d'un mandat d'arrêt», selon le parquet.
Le 1er juin 2024, en pleine campagne pour les élections européennes et peu avant les Jeux olympiques de Paris, cinq cercueils sont découverts au pied de la tour Eiffel, couverts du drapeau français et portant la mention «soldats français de l'Ukraine».
Trois personnes sont arrêtés: le chauffeur de véhicule ayant transporté les cercueils, né en Bulgarie, et deux nées en Allemagne et en Ukraine, interpellées dans un bus en partance pour Berlin. Elles ont été placées sous le statut de témoin assisté et donc laissées libres. Le parquet a fait appel.
Dans la nuit du 19 au 20 juin 2024, dans le 9e arrondissement de Paris, sont découverts des tags au pochoir avec un dessin de cercueil mentionnant «STOP THE DEATH NOW Mriya Ukraine». Le 18 juin, dans les 2e, 5e et 9e arrondissements, des tags représentant un cercueil doté d'ailes d'avion et la mention «des Mirage pour l'Ukraine» sont aussi retrouvés.
Deux Moldaves sont interpellés et inculpés pour participation à une entreprise de démoralisation de l'armée en temps de paix (infraction faisant encourir une peine de 5 ans de prison et 75.000 euros d'amende) et dégradations en réunion. Ils ont indiqué avoir reçu des instructions via Telegram pour commettre ces dégradations contre rémunération.
Initialement détenus, ils ont été libérés sous contrôle judiciaire en octobre 2024. Dans la nuit du 6 au 7 juin 2024, des tags au pochoir représentant des cercueils avec la mention «soldats français en Ukraine» avaient déjà été apposés sur des murs du 7e arrondissement. Trois Moldaves, arrêtés en possession de peinture aérosols et de pochoirs, ont été inculpés et écroués.
Dans la nuit du 30 au 31 avril, le Mémorial de la Shoah, trois synagogues et un restaurant sont aspergés de peinture verte à Paris.
Trois Serbes sont inculpés et écroués, suspectés d'avoir dégradé ces lieux juifs «dans le but de servir les intérêts d'une puissance étrangère», selon une source judiciaire, possiblement la Russie.
Le 3 septembre 2025, les agents de l'Arc de Triomphe constatent la présence de quatre affiches présentant un soldat russe avec la mention «dis merci au soldat soviétique vainqueur». Une enquête est ouverte pour dégradations de bien classé en réunion, pour servir les intérêts d'une puissance étrangère.
Neuf têtes de porc, animal considéré comme impur par l'islam, sont découvertes le 9 septembre 2025 devant des mosquées de la capitale et de région parisienne.
Elles ont été déposées par des étrangers ayant aussitôt quitté le territoire, selon le parquet, qui dénonce «une volonté manifeste de provoquer le trouble au sein de la nation». Deux personnes s'étant déplacées avec un véhicule «dont la plaque d'immatriculation serait serbe» et ayant utilisé une «ligne téléphonique croate» sont soupçonnées.