Accord commercial UE-Mercosur: un traité «erroné», selon Lula

ATS

17.11.2021 - 16:48

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17.11.2021 - 16:48

L'accord commercial conclu en 2019 mais non encore ratifié entre l'Union européenne et le Mercosur est «erroné». Il contribue à la désindustrialisation des pays sud-américains le composant, a dénoncé mercredi à Paris l'ex-président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva.

Lula, actuellement en tournée en Europe, s'est dit "prêt" lundi à se présenter à la présidentielle brésilienne d'octobre 2022.
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«Sa conclusion est erronée, précipitée. Nous devons prendre en compte les besoins des pays», a affirmé M. Lula après avoir reçu le Prix du courage politique que lui a décerné la revue Politique internationale.

«Les partenaires européens doivent comprendre que nous devons exporter des produits finis qui ont plus de valeur ajoutée pour (...) qu'on puisse avancer», a poursuivi l'ancien syndicaliste, qui mardi lançait déjà: «On ne veut pas exporter simplement du soja, du maïs ou du minerai de fer.»

Encore à ratifier

Un traité de libre-échange a été conclu en juin 2019, après vingt ans de négociations, entre l'Europe et les quatre pays du Mercosur (Brésil, Argentine, Uruguay, Paraguay).

Négocié par la Commission européenne au nom des pays de l'UE, ce traité ne sera entériné qu'après avoir été ratifié par les Parlements des 27 Etats membres.

Le Mercosur, dans ce texte, «accepte que l'Europe puisse participer aux achats gouvernementaux», a critiqué M. Lula, qui a qualifié de «dangereux» l'accès aux marchés publics sud-américains par des entreprises du Vieux continent car cela entrave la réindustrialisation du Mercosur, selon lui.

«Après 2022, après les processus d'élection dans différents pays, il faut se réunir autour d'une table, sans aucun préjugé, avec l'idée de faire un accord qui puisse être bon», a-t-il avancé.

Prêt pour la présidentielle

L'ex-président brésilien, actuellement en tournée en Europe, s'est dit «prêt» lundi à se présenter à la présidentielle brésilienne d'octobre 2022, pour laquelle il est donné grand favori contre le président actuel Jair Bolsonaro. Il doit rencontrer mercredi Emmanuel Macron, un autre opposant à l'accord UE-Mercosur.

«Par définition, cet accord tel qu'il a été conçu et pensé ne peut pas être compatible avec notre agenda climatique et de biodiversité», avait remarqué début septembre le président français. «La France est contre le Mercosur tel qu'il est négocié aujourd'hui, et nous le resterons très clairement.»

L'Allemagne s'est également montrée récalcitrante vis-à-vis de cet accord, tout comme le secteur agricole et les écologistes européens. Paris et Berlin doutent en particulier de l'engagement du Brésil à protéger l'environnement, déforestation et incendies s'étant multipliés en Amazonie sous Jair Bolsonaro.

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