Trump, Gates, Andrew... Le ministère de la justice publie «plus de trois millions de pages» relatives à l’Affaire Epstein

ATS

31.1.2026 - 07:55

Le ministère américain de la Justice a entrepris vendredi la publication d'une masse de documents supplémentaires concernant Jeffrey Epstein.

Au total, près de 3,5 millions de pages de ce dossier titanesque ont été publiées par le gouvernement depuis décembre (photo d’illustration).
Au total, près de 3,5 millions de pages de ce dossier titanesque ont été publiées par le gouvernement depuis décembre (photo d’illustration).
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Le ministère affirme avoir ainsi respecté l'obligation imposée à l'administration Trump de faire toute la transparence sur ce dossier politiquement explosif.

«Aujourd'hui nous publions plus de trois millions de pages, dont plus de 2000 vidéos et plus de 180'000 images», a déclaré le numéro deux du ministère de la Justice, Todd Blanche, lors d'une conférence de presse.

Ancien avocat personnel de Donald Trump, dont la proximité avec Jeffrey Epstein est avérée, lorsque les deux hommes évoluaient dans la jet-set de New York dans les années 1990, il a nié toute implication de la Maison Blanche dans ce processus.

«Nous nous sommes conformés à la loi et nous n'avons pas protégé le président Trump ni protégé ou omis de protéger qui que ce soit», a assuré Todd Blanche. «Comme nous l'avons dit en juillet, si nous, au ministère de la Justice, avions des informations sur des hommes qui ont exploité sexuellement des femmes, nous les inculperions», a-t-il assuré.

«Mais je ne pense pas que ni la population ni vous en découvriez dans les documents Epstein, hélas», a ajouté M. Blanche. Il faisait référence à un memorandum publié conjointement en juillet par le ministère et le FBI, la police fédérale, concluant à l'absence d'élément nouveau dans le dossier qui justifierait la publication de documents supplémentaires ou de nouvelles poursuites.

L'annonce avait enflammé la base «MAGA» de Donald Trump qui voit dans l'affaire Epstein, terreau fertile pour les théories du complot les plus échevelées, la confirmation de ses suspicions sur la dépravation et la corruption des élites.

Des victimes présumées de Jeffrey Epstein ont affirmé vendredi dans un communiqué que les derniers documents publiés «exposaient» les femmes exploitées «tandis que les hommes qui nous ont abusées restent cachés et protégés».

«Fin du processus»

Au total, près de 3,5 millions de pages de ce dossier titanesque ont été publiées par le gouvernement depuis décembre sous la contrainte d'une loi votée par le Congrès, a relevé M. Blanche.

«La publication d'aujourd'hui marque la fin d'un processus très approfondi de recensement et d'analyse de documents pour garantir la transparence au peuple américain et le respect de la loi», a-t-il souligné, lisant la conclusion d'une lettre adressée parallèlement au Congrès.

Une fois son rapport remis au Congrès et les justifications des caviardages des documents publiées au Journal officiel, «le ministère aura rempli ses obligations fixées par la loi», selon cette lettre signée par la ministre, Pam Bondi, et M. Blanche.

Hormis la complice de Jeffrey Epstein, Ghislaine Maxwell, qui purge une peine de vingt ans de prison, les images et vidéos de toutes les femmes ont été masquées, a précisé Todd Blanche.

L'élu démocrate Ro Khanna, un des coauteurs de la loi, s'est dit «content que ces documents soient publiés», après des semaines d'attente. «Mais je ne pourrai pas dire qu'ils ont agi de bonne foi avant d'avoir vu les documents», a-t-il déclaré sur MS NOW.

«Menteur»

Les publications précédentes ont surtout éclairé le réseau spectaculaire de Jeffrey Epstein, richissime financier retrouvé pendu dans sa cellule en 2019 à New York avant de devoir être jugé pour avoir monté un système d'exploitation sexuelle de jeunes filles mineures.

Un brouillon de courrier électronique de Jeffrey Epstein diffusé vendredi évoque des relations extraconjugales de Bill Gates, dont le divorce avec son épouse Melinda avait notamment été motivé par ses relations avec le financier américain. La Fondation Gates a démenti dans un communiqué aux médias «des accusations absolument absurdes provenant d'un menteur patenté».

Un échange datant de fin septembre 2010 met lui en lumière les liens entre Jeffrey Epstein et l'ex-prince Andrew, qui invitait alors le premier à Buckingham Palace, sans que les documents ne précisent si les deux hommes se sont vraiment rencontrés à cette occasion. Le financier avait été libéré le mois précédent de son assignation à résidence après une condamnation pour prostitution de mineure.

Donald Trump, pour sa part, reconnaît avoir fréquenté Epstein à l'époque mais assure avoir rompu avec lui avant qu'il ne soit inquiété par la justice. Le ministère de la Justice a justifié la diffusion au compte-gouttes et le caviardage de nombreux documents, autorisé sous conditions par la loi, par la nécessité de protéger les victimes.

Parmi les documents publiés en décembre, des photos de l'ancien président démocrate Bill Clinton en compagnie de Jeffrey Epstein ou de femmes aux visages dissimulés avaient en particulier retenu l'attention. Bill Clinton a également toujours nié avoir eu connaissance des crimes du financier.

Les personnalités citées dans les derniers documents de l'affaire Epstein

  • DONALD TRUMP: Les documents fraîchement diffusés contiennent une liste établie par le FBI, la police fédérale américaine, d'allégations d'agressions sexuelles liées au président Donald Trump, dont beaucoup provenaient d'appels anonymes et d'informations non vérifiées. Ces allégations, obtenues pour certaines via des sources indirectes, ont été transmises par téléphone ou bien par voie électronique au Centre national de gestion des menaces du FBI. Le document suggère que les enquêteurs ont donné suite à certaines de ces informations. D'autres ont été jugées peu crédibles. Donald Trump nie depuis longtemps toute implication dans les agissements du criminel sexuel Jeffrey Epstein. «Certains des documents contiennent des allégations mensongères et sensationnalistes à l'encontre du président Trump,» écrit le ministère de la Justice. «Ces allégations sont infondées et fausses.»
  • BILL GATES: Dans un brouillon d'email figurant parmi les documents publiés vendredi, Jeffrey Epstein assurait que Bill Gates, cofondateur de Microsoft, entretenait des relations extraconjugales. Le financier new-yorkais y affirmait que sa relation avec ce milliardaire allait permettre d'«aider Bill à trouver de la drogue, afin de faire face aux conséquences du sexe avec des filles russes, à faciliter des rendez-vous illicites avec des femmes mariées.»
  • RICHARD BRANSON: Les fichiers mentionnent la relation amicale de Jeffrey Epstein avec le milliardaire britannique Richard Branson, cofondateur de Virgin Group.Dans un email envoyé à M. Epstein en septembre 2013, il écrivait: «C'était vraiment sympa de te voir hier. (...) Si tu passes dans la région, je serai ravi de te revoir. A condition que tu m'amènes ton harem!»
  • ELON MUSK: Apparaissent également de nombreux échanges de mails entre Jeffrey Epstein et l'entrepreneur Elon Musk.En novembre 2012, Jeffrey Epstein lui a écrit un courriel demandant «combien de personnes seront à bord de l'hélicoptère pour se rendre sur l'île».«Probablement juste Talulah et moi. Quel jour/soirée aura lieu la fête la plus folle sur ton île?», a répondu le milliardaire. Jeffrey Epstein possédait deux îles dans les Caraïbes. L'une d'elles serait selon l'accusation le lieu où il aurait agressé sexuellement plusieurs femmes et filles mineures.
  • ANDREW MOUNTBATTEN-WINDSOR: L'ancien prince déchu a invité Jeffrey Epstein à lui rendre visite au palais de Buckingham en septembre 2010, alors que le financier était en voyage à Londres. Un échange de courriels montre qu'il a contacté Andrew Mountbatten-Windsor pour lui demander: «À quelle heure souhaitez-vous que je (...), nous aurons également besoin (...) d'un moment en privé». Ce à quoi Andrew avait répondu: «Nous pourrions dîner au palais de Buckingham et bénéficier d'une grande intimité».
  • HOWARD LUTNICK: Des emails montrent que Jeffrey Epstein et l'homme d'affaires Howard Lutnick, l'actuel secrétaire au Commerce de Donald Trump, avaient prévu en décembre 2012 de déjeuner sur l'île du financier.«Nous arrivons vers vous depuis Saint Thomas», a écrit la femme d'Howard Lutnick à la secrétaire de Jeffrey Epstein, lui demandant où ils devaient jeter l'ancre.
  • STEVE TISCH: Plusieurs emails suggèrent que Jeffrey Epstein a mis en relation Steve Tisch, producteur de «Forrest Gump» et propriétaire des Giants de New York, équipe de football américain, avec plusieurs femmes. Dans un échange avec lui, le criminel sexuel décrit une femme comme étant «russe, qui dit rarement la vérité, mais qui est amusante».