Afghanistan/PakistanLa trêve, objet de discussions en Turquie
ATS
7.11.2025 - 15:29
L'Afghanistan et le Pakistan donnent vendredi une nouvelle chance aux discussions censées aboutir à un cessez-le-feu durable. La veille, des tirs ont retenti à la frontière faisant cinq morts côté afghan. Les deux pays s'imputent l'origine de ces violences.
La garde d’honneur de l’armée pakistanaise lors des funérailles d’un membre des forces paramilitaires du Frontier Corps (FC), tué lors d'affrontements à la frontière entre l’Afghanistan et le Pakistan, à Kohat, le 17 octobre 2025 (archives).
AFP
Keystone-SDA
07.11.2025, 15:29
ATS
Ce nouveau cycle de négociations en Turquie doit rendre durable un cessez-le-feu approuvé le 19 octobre au Qatar, qui avait mis fin à une semaine d'affrontements meurtriers.
A peine les discussions entamées, le gouvernement taliban accusait son voisin d'avoir tiré sur Spin Boldak, ville afghane accolée à la frontière. Islamabad a démenti, disant n'avoir fait que «riposter» à des tirs afghans. Depuis la trêve, chaque partie observe un mutisme quasi complet sur le contenu des discussions, dont on sait seulement qu'elles abordent des questions sécuritaires.
«La délégation pakistanaise a remis aux médiateurs des demandes justifiées, logiques, se basant sur des preuves, avec pour objectif unique de mettre un terme au terrorisme transfrontalier», a déclaré Tahir Andrabi, porte-parole de la diplomatie pakistanaise, lors d'un point presse vendredi.
Confronté à une résurgence d'attaques contre ses forces de sécurité, Islamabad veut de son voisin afghan des garanties qu'il arrêtera de soutenir des organisations armées, en tête desquelles les talibans pakistanais (TTP), que Kaboul dément abriter.
Souveraineté
Le gouvernement taliban veut que la souveraineté territoriale de l'Afghanistan soit respectée et accuse aussi Islamabad de soutenir des groupes armés contre lui. Pour des sources afghanes proches des négociations, les demandes pakistanaises «n'ont rien à voir avec l'Afghanistan».
«Par exemple: garantir qu'il n'y aura pas d'insécurité au Pakistan bien que ce pays connaisse l'insécurité depuis longtemps et qu'un autre pays ne peut pas avoir de prise dessus», ont dit sous le couvert de l'anonymat ces sources à des journalistes.
«D'un autre côté, le Pakistan n'accepte pas la demande raisonnable de l'émirat islamique (l'Afghanistan, NDLR) que le sol et l'espace aérien pakistanais ne soient pas utilisés par un autre pays ou par l'organisation Etat islamique», ont-elles poursuivi.
En cas d'échec des négociations, chaque partie a mis en garde contre une reprise des hostilités, après des affrontements qui avaient fait plus de 70 morts en octobre, dont une cinquantaine de civils afghans selon l'ONU.
Cessez-le-feu «intact»
Jeudi, la trêve a été fragilisée par des tirs ayant tué cinq personnes à Spin Boldak, a indiqué à l'AFP un responsable de l'hôpital de district. Kaboul n'a pas répliqué «par respect pour l'équipe de négociateurs et pour empêcher la perte de vies civiles», a expliqué Zabihullah Mujahid, porte-parole du gouvernement.
Pour le ministère pakistanais de l'Information, le cessez-le-feu est «intact» et «le Pakistan reste engagé dans le dialogue en cours». Vendredi, le calme est revenu à Spin Boldak, selon des correspondants de l'AFP qui y ont vu des maisons endommagées, le toit transpercé par l'impact de projectiles.
L'impasse diplomatique montre que des tensions «qui couvaient sont désormais en train de bouillir», juge Abdul Basit, chercheur à la S. Rajaratnam School of International Studies de Singapour, qui ne serait pas «surpris que les discussions capotent».