Arrestations suite au crash en Iran

14.1.2020 - 19:10, ATS

Plusieurs manifestations se sont déroulées devant des universités de la capitale Téhéran. Les étudiants y ont notamment tenu des photos des victimes du crash.
Source: KEYSTONE/EPA/AT moa

L'Iran a indiqué mardi avoir procédé à des arrestations dans le cadre de l'enquête sur la catastrophe de l'avion civil ukrainien abattu par erreur. L'annonce n'a cependant pas mis fin à l'indignation dans le pays qui suscite des manifestations depuis samedi.

Après avoir démenti l'hypothèse d'un tir de missile iranien à l'origine de la catastrophe de l'avion d'Ukraine International Airlines, dont les 176 passagers ont été tués peu après son décollage de la capitale le 8 janvier, Téhéran a reconnu samedi sa responsabilité. L'Iran a évoqué une «erreur humaine», tout en dénonçant «l'aventurisme américain» dans ce drame.

Cette annonce a provoqué une vague de colère dans le pays. Des vidéos, circulant sur les réseaux sociaux, montrent depuis trois jours des manifestations rythmées par des slogans hostiles aux autorités, y compris au clergé chiite.

Fait extrêmement rare, l'agence de presse Fars, proche des ultraconservateurs, a rapporté que les contestataires de dimanche avaient crié «Mort au dictateur!» et scandé des slogans hostiles aux Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique iranienne.

Une trentaine de personnes ont été arrêtées parmi les manifestants, a annoncé mardi lors d'une conférence de presse le porte-parole de l'autorité judiciaire, Gholamhossein Esmaïli. Néanmoins, dans la matinée, plusieurs manifestations, aux cris de «les étudiants iraniens en deuil», ou «vous êtes sans morale!» se sont encore déroulées devant des universités de la capitale, selon des vidéos postées sur les réseaux sociaux.

«Le monde entier va regarder»

Le porte-parole de l'autorité judiciaire a par ailleurs annoncé mardi des arrestations dans le cadre de la «vaste enquête» menée pour déterminer les responsabilités après la catastrophe du Boeing ukrainien. Il n'a pas fourni de chiffre précis.

Le président Hassan Rohani a lui réaffirmé que son pays devait «punir» tous les responsables du drame. «Pour notre peuple, il est très important (...) que quiconque a été fautif ou négligent» soit poursuivi, a-t-il dit dans un discours télévisé.

M. Rohani a estimé impossible «que seule la personne ayant appuyé sur le bouton soit fautive. Il y en a d'autres et je veux que cela soit expliqué au peuple de façon claire». Pour cela, il a demandé la formation d'un «tribunal spécial avec des juges de haut rang et des douzaines d'experts». «Le monde entier va regarder», a-t-il averti.

Experts étrangers invités

Alors que figurent parmi les 176 victimes une majorité d'Iraniens et de Canadiens, Ottawa a créé un groupe de coordination des pays dont les ressortissants sont morts dans le crash. Il se réunira jeudi à Londres notamment pour organiser le rapatriement des dépouilles et demander une enquête transparente. L'Iran a déjà invité des experts du Canada, de France, d'Ukraine et des Etats-Unis à participer à l'enquête.

Tout en maintenant la pression sur l'Iran, le Premier ministre canadien Justin Trudeau a mis en cause les Etats-Unis. Il a déclaré lundi que sans la récente escalade des tensions régionales, les passagers du Boeing ukrainien seraient encore en vie.

La catastrophe aérienne du 8 janvier est survenue en plein pic des tensions entre Téhéran et Washington, après l'élimination du puissant général iranien Qassem Soleimani par un tir de drone américain le 3 janvier à Bagdad.

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