Assouplissement dans de nombreux pays

dpa/tsha

29.4.2020

De nombreux gouvernements assouplissent lentement et avec prudence les restrictions liées au coronavirus.
Keystone

Enfin! Les rires d’enfants sont de retour dans les rues, les joggers courent à nouveau au parc, on peut cette fois se rendre chez le coiffeur: de nombreux gouvernements assouplissent lentement et avec prudence les restrictions liées au coronavirus. Les citoyens d’autres états doivent cependant encore prendre leur mal en patience.

Après des semaines d’arrêt forcé dû à la pandémie de coronavirus certains états assouplissent prudemment et progressivement leurs restrictions parfois drastiques sur la vie quotidienne et économique.

Ainsi, davantage d’enfants pourront par exemple bientôt retourner à l’école ou à la crèche, les citoyens pratiquer plus souvent des activités sportives en plein air et les commerces rouvrir sous respect de conditions strictes. Voici le point sur la situation dans quelques états:

Italie: un plan d’ouverture progressive du pays

L’Italie va lever un certain nombre de restrictions dès le 4 mai permettant aux citoyens de pratiquer à nouveau davantage de sport en plein air et leur accordant une plus grande liberté de mouvement dans leur propre région.

Cette annonce dimanche soir du président du Conseil des ministres Giuseppe Conte a été faite conjointement avec son plan en vue de l’ouverture du pays. L’économie doit également redémarrer en plusieurs étapes. Les écoles italiennes restent cependant fermées jusqu’aux vacances d’été avant leur réouverture programmée en septembre.

L’Italie a enregistré plus de 26'000 décès liés au coronavirus depuis le mois de février. La protection civile a dénombré au total plus que 200'000 personnes infectées au Sars-CoV-2 (Coronavirus 2 du syndrome respiratoire aigu sévère), mais le nombre de cas non signalés est élevé. Après des semaines de forte augmentation des cas, des signaux positifs sont néanmoins apparus récemment. La situation dans les hôpitaux longtemps encombrés s’est ainsi un peu détendue.

Allemagne: port du masque obligatoire à travers tout le pays depuis cette semaine

Après l’obligation de porter une protection de la bouche et du nez déjà décrétée dans quelques Länder au cours des dernières semaines, le reste des autres états allemands a suivi le mouvement cette semaine. Le port du masque est obligatoire dans la majeure partie des Länder pour effectuer ses achats ou circuler dans les transports publics. L’utilisation de foulards ou de chiffons est également autorisée.

Par ailleurs, les commerces d’une certaine taille comme les librairies, les magasins de bricolage et jardinage sont à nouveau ouverts depuis lundi sur l’ensemble du territoire. Les exploitants doivent cependant veiller au respect des règles d’hygiène et de distance de sécurité. Les élèves des classes terminales peuvent également retourner à l’école depuis lundi dans de nombreux Länder.

Turquie: vers la fin du confinement

Après un couvre-feu de vaste ampleur imposé durant quatre jours à la mégalopole Istanbul et à 30 autres villes ou provinces, la population a pu ressortir de chez elle. L’interdiction de sortie a expiré dans la nuit de dimanche à lundi. Cette mesure était en vigueur depuis jeudi, jour férié en Turquie. Durant le mois sacré musulman du jeûne, le Ramadan, qui avait commencé vendredi, la rupture du jeûne en groupes est interdite.

Les autorités imposent des couvre-feux drastiques depuis trois semaines dans 31 villes et provinces pendant le week-end. Les personnes à partir de 65 ans ont en outre l’interdiction de quitter leur domicile tout comme les moins de 20 ans, à quelques exceptions près.

Le ministre de la santé Fahrettin Koca a communiqué dimanche soir sur Twitter qu’en un jour, 2357 personnes avaient été testées positives au coronavirus et que 99 étaient décédées de la maladie pulmonaire Covid-19. La Turquie a annoncé environ 110'000 cas de coronavirus, 2800 personnes environ en sont mortes. Les chiffres officiels indiquent qu’environ 890'000 individus ont été testés jusqu’à présent.

Grande-Bretagne: un retour du Premier ministre attendu avec impatience

L’apparition publique du Premier ministre Boris Johnson, tout juste guéri du Covid-19 remis, était attendue lundi avec impatience en Grande-Bretagne. Le politicien des torries, âgé de 55 ans, s’était reposé au manoir de Chequers, la résidence de campagne du chef du gouvernement, au cours des deux semaines précédentes.

Suite à son infection, il avait dû séjourner auparavant une semaine à l’hôpital, dont trois jours aux soins intensifs. Il n’est rentré que dimanche soir à Downing Street, le siège du gouvernement, et a présidé lundi une séance du Comité d’urgence gouvernemental sur le coronavirus.

Son gouvernement se trouve sous pression par rapport aux nombreux décès dus au coronavirus. Samedi, le nombre total de cas de personnes infectées décédées à l’hôpital a dépassé la barre des 20'000. Les appels à un assouplissement des limitations de contact se font toujours plus pressants en raison des dommages causés à l’économie.

Espagne: finalement à nouveau des rires d’enfants dans les rues

Dans ce pays fortement impacté par le virus, on pouvait à nouveau entendre dimanche des rires d’enfants et un joyeux brouhaha dans les rues. Après six semaines d’interdiction complète de sortie, les enfants jusqu’à 14 ans ont à nouveau été autorisés à sortir de leur domicile, ce qui représente 5,8 millions d’individus à l’échelle nationale.

Des restrictions très strictes restent néanmoins en vigueur: seul un des parents peut accompagner des enfants, au maximum trois, les heures de sortie quotidienne sont en outre limitées à une heure par jour, entre 9 et 21 heures dans un rayon d’un kilomètre du domicile respectif.

Les chiffres des autorités sanitaires donnent des raisons réelles d’espérer: le nombre de patients enregistrés guéris du Sars-CoV-2 a dépassé celui des personnes nouvellement infectées pour le troisième jour consécutif. Les cas de décès enregistrés liés au virus depuis le 20 mars sont en outre à leur niveau le plus bas: 288 personnes ont perdu la vie depuis samedi, portant à plus de 23'000 le nombre total de décès. Si les chiffres restent stables, les Espagnols pourront probablement à nouveau aller se promener en compagnie de personnes du même ménage dès le 2 mai. Le gouvernement a également annoncé que le jogging devrait être autorisé. 

États-Unis: des assouplissements, mais des perspectives globalement décevantes

Après les premiers assouplissements contestés des mesures de confinement dans l’État fédéral américain de Géorgie, d’autres États leur ont emboîté le pas cette semaine. Lundi, le Tennessee a autorisé la réouverture des restaurants aux clients sous certaines conditions, on attend du mouvement du côté du commerce de détail mercredi. En outre, l’ordonnance administrative obligeant les citoyens à rester strictement confinés chez eux doit expirer jeudi selon les médias américains.

La conseillère du  président américain Donald Trump, le médecin Deborah Birx, a néanmoins mis en évidence le fait qu’un retour à la normalité n’était de loin pas encore envisageable. Le président Trump a renoncé le week-end dernier à ses conférences de presse sur le corona. Il avait suscité de vives irritations et critiques en se déclarant ouvert à des possibles injections de désinfectant pour lutter contre le virus la semaine précédente.

Le gouverneur Andrew Cuomo a déclaré que les premières entreprises pourraient rouvrir à partir de la mi-mai dans certaines parties de l’État fédéral de New York, particulièrement touché par la pandémie.

La situation devrait toutefois continuer à s’améliorer d’ici là. L’ouverture risque d’être particulièrement difficile dans la mégalopole densément peuplée de New York City. Le nouveau coronavirus s’y était diffusé bien plus rapidement que dans d’autres villes américaines.

France: le Premier ministre a présenté un assouplissement des mesures de restriction mardi

Le gouvernement à Paris a soumis un plan au Parlement mardi en vue d’un allègement des restrictions de sortie. Le Premier ministre Édouard Philippe a annoncé sur Twitter que le plan comportait six points: «La santé (masques, tests, isolement ...), l’école, l’emploi, les commerces, les transports et les rassemblements». Les députés ont ensuite voté.

Le déconfinement sera différencié, en fonction donc de l’intensité de la circulation du virus dans les départements. Sur le port du masque, Edouard Philippe a confirmé qu’il sera obligatoire dans tous les transports en commun.

Le président Emmanuel Macron avait déjà annoncé que les restrictions en vigueur depuis le 17 mars devaient être assouplies dès le 11 mai. Les écoles maternelles et primaires rouvriront le 11 mai, une partie des collèges, le 18 mai, et pour les lycées, la décision sera prise «fin mai», que les restaurants devraient restés fermés jusqu’en juin et que les rassemblements plus importants seront interdits jusqu’à mi-juillet. En France, les chiffres de contagions au coronavirus s’élèvent à ce jour à 124'575 cas signalés. Les décès survenus après avoir contracté le virus s’élèvent à 23'660 cas jusqu’ici (selon les chiffres de mardi).

Hongrie: port du masque obligatoire à Budapest

La capitale hongroise Budapest, dirigée par une alliance d’opposants, a imposé dès ce lundi le port obligatoire du masque dans certains espaces publics. Les citoyens se rendant dans des magasins, centres commerciaux ou marchés ou alors qui circulent dans des transports publics respectivement empruntent des taxis doivent se couvrir le nez et la bouche avec un masque ou un morceau de tissu.

Des restrictions de sortie sont en vigueur depuis un mois sur tout le territoire hongrois. Les citoyens n’ont le droit de quitter leur domicile que pour des motifs légitimes. Ils sont priés d’observer une distance minimale d’un mètre et demi entre chacun dans l’espace public. Le Premier ministre conservateur de droite Viktor Orban s’était fait attribuer par le Parlement des pouvoirs étendus et illimités dans le temps pour lutter contre la pandémie de corona à la fin du mois précédent.

Australie: l’appli d’avertissement au corona est là

Malgré les critiques suscitées, l’Australie a introduit une appli d’avertissement au corona susceptible d’être utilisée sur une base volontaire. Cette application a été développée d’après un modèle créé à Singapour, la cité-état dirigée d’une main de fer. Elle détecte, selon le gouvernement, si un individu se tenait à une distance inférieure ou égale à 1,5 mètre d’une personne infectée via la technologie Bluetooth des téléphones portables. Les données cryptées sont ensuite transmises aux autorités sanitaires étatiques.

Cette manière de procéder permettrait de traquer plus rapidement les chaînes de contamination. Les données sont stockées sur un serveur central en Australie.

Les images du jour

Retour à la page d'accueil