Intenses bouleversementsAvec le départ de Macron, une époque s'achèvera pour des millions d'adolescents
Gregoire Galley
8.5.2026
«On a vraiment grandi avec lui». En mai 2027, une époque s'achèvera pour Marion, 16 ans, et des millions d'adolescents qui auront vécu sous la présidence d'Emmanuel Macron d'intenses bouleversements - des Gilets jaunes à la multiplication des conflits en passant par le Covid.
La présidence d’Emmanuel Macron a été marquée par d’intenses bouleversements.
ats
Agence France-Presse
08.05.2026, 08:04
Gregoire Galley
«Cette génération va voir partir le président de leur enfance. Ça crée une proximité», estime auprès de l'AFP un proche d'Emmanuel Macron, qui veut croire à la naissance d'une nostalgie. Un an avant la fin du mandat, ils posent leurs regards de (presque) jeunes adultes sur le bilan du chef de l'Etat.
«Loin d'être parfait»
On a demandé à ces lycéens de donner une note à Emmanuel Macron. Certains se montrent sévères: le président se voit attribuer un «4/10» par Flavie, 18 ans, de Bois-Colombes (Hauts-de-Seine), et Anna, 17 ans, de Villeneuve-sur-Verberie (Oise).
Parmi les principaux points négatifs, selon elles: l'usage du 49.3 par le gouvernement pour l'adoption de plusieurs textes, dont la réforme des retraites en 2023. «Le peuple n'avait plus trop son mot à dire», déplore Anna auprès de l'AFP, tandis que Flavie estime que l'activer «plus de dix fois, ça commence un petit peu à être abusé».
Lino, 16 ans, ne décerne pas plus de «3/10», en raison notamment de l'état de l'éducation qui «dégringole» dans sa campagne du Rhône. «Là, j'ai une prof d'anglais qui n'est pas là depuis 4 mois et on n'arrive pas à en trouver une autre», illustre-t-il.
Le président récolte un «7/10» de la part d'Alexandre, élève en première dans le Vaucluse, qui «trouve qu'il a assez bien fait son travail, même si "c'était loin d'être parfait».
Face au Covid-19, tous les ados interrogés s'accordent à dire qu'il a fait de son mieux. «Qui suis-je pour juger ce qu'il a fait?» philosophe ainsi Anna. Le confinement et les fermetures prolongées des écoles ont été pour eux les mesures les plus frappantes. «C'est vrai qu'on s'ennuyait un peu», se souvient Marion de Colombes (Hauts-de-Seine). Son camarade Gabriel - qui accorde à Emmanuel Macron un joli «9/10» - ajoute: «Même si pour nous, ça n'a pas été forcément le moment le plus sympa, je trouve que c'était une bonne mesure».
La première fois que, pendant la pandémie, le chef de l'Etat «a dit +Nous sommes en guerre+, ça m'a marqué» se remémore Anna, qui estime qu'à l'époque, «on se sentait assez proche de lui» grâce à ses allocutions fréquentes.
Ce lien a-t-il perduré ? A l'Elysée, on veut y croire: «Il y a un réel engouement chez une partie de la jeunesse qu’on peut voir très clairement sur les réseaux sociaux ou chez les sondeurs».
Et ce même proche d'évoquer «un révélateur»: le «For sure» lancé par Emmanuel Macron à Davos, affublé d'une paire de lunettes de soleil et tentant un accent américain. «C'est devenu un mème» sur les réseaux, confirme Gabriel.
Flavie admet qu'"il nous a offert du divertissement pour la jeunesse, ça c'était bien", citant notamment une vidéo où le chef de l'Etat apparaît avec les Youtubers McFly et Carlito.
Mais aucun n'évoque spontanément les grandes initiatives présidentielles en direction de leur classe d'âge, comme la mise en place du Service national universel, ou les tentatives de régulation des réseaux sociaux.
Le président revient plutôt dans les conversations des ados via l'expression «la France à Macron», devenue virale. Exemple d'utilisation: «On se fait un resto ce soir?» «Dans la France à Macron? Impossible.»
«Quand on utilise cette expression, c'est quand on parle de l'inflation», analyse Lino, tandis qu'Anna y voit «l'ironie: on rigole de ce qui est catastrophique», notamment sur le plan du pouvoir d'achat. Pour ces jeunes, le chef de l'Etat n'est pas l'unique responsable : il y a d'autres facteurs qui contribuent à la hausse des prix, comme les guerres.
Emmanuel Macron quittera donc l'Elysée avec 5,5/10 de moyenne. Si Marion et Gabriel anticipent un peu de nostalgie, Alexandre insiste plutôt sur le «changement» à venir. «Dix ans, c'est long quoi», soupire Anna, qui «veut voir ce que les autres, ça donne». Lino, de son côté, martèle déjà: «Bon débarras!» Pour Flavie, un seul regret: «On ne pourra plus dire +la France à Macron+».