Barricades et désobéissance civile contre le putsch au Soudan

ATS

7.11.2021 - 10:54

Les Soudanais veulent faire plier l'armée au pouvoir depuis le putsch du 25 octobre avec deux jours de désobéissance civile.
ATS

Derrière leurs barricades à Khartoum, les pro-démocratie ont entamé dimanche deux jours de désobéissance civile pour faire plier l'armée, seule aux manettes depuis son putsch du 25 octobre.

ATS

7.11.2021 - 10:54

Depuis la dissolution ce jour-là par le général Abdel Fattah al-Burhane de l'ensemble des institutions du pays et l'arrestation de la quasi-totalité des civils avec lesquels il partageait le pouvoir, la rue est entrée en résistance.

Tôt dimanche, des jeunes empilaient briques et pavés pour bloquer les routes de la capitale, ont constaté des journalistes de l'AFP, tandis que des magasins étaient fermés.

«Il y a moins de mouvement dans les rues, mais le blocage n'est pas total», rapporte un témoin à Omdourman, ville-jumelle de Khartoum.

De «grève générale» en manifestations monstres, les Soudanais veulent se faire entendre. Car à huis clos, loin de la rue, les négociations se poursuivent entre militaires, dirigeants civils et médiateurs locaux ou internationaux pour trouver une solution à la crise.

Jusqu'ici elles n'ont toutefois mené ni à la formation d'un nouveau gouvernement, ou au retour de celui démis brutalement par le général Burhane, ni même à l'adoption d'une position claire sur la reprise ou non de la transition démocratique lancée à la chute du dictateur Omar el-Béchir en 2019.

Pas de dialogue

Pour les syndicats et autres associations à la pointe de la «révolution» anti-Béchir, la ligne est claire: «Pas de dialogue, pas de négociation, pas de partenariat», clament-ils dans des communiqués diffusés par SMS, internet étant bloqué depuis 14 jours.

En 2019, hauts gradés et civils pro-démocratie avaient décidé de gérer ensemble la transition mais pour de nombreuses voix aujourd'hui ce partenariat est impensable après le putsch.

Le Premier ministre Abdallah Hamdok, en résidence surveillée, et ses rares ministres en liberté continuent de plaider le retour à l'avant 25 octobre; mais l'armée, elle, veut un nouveau gouvernement plus enclin à sauvegarder ses intérêts politiques et économiques, estiment des experts.

Des négociateurs de la Ligue Arabe, du Soudan du Sud, de l'ONU multiplient les rencontres avec les deux camps, mais leur tâche est compliquée: le représentant de l'ONU au Soudan, Volker Perthes, s'est indigné jeudi de voir que des politiciens civils venus le rencontrer à son QG avaient été arrêtés par l'armée... à son pas de porte!

Le coup d'Etat et la répression qui a tué 14 manifestants selon des médecins ont déjà valu au Soudan sa suspension de l'Union africaine et des coupes considérables dans l'aide internationale.

ATS