«Institution irremplaçable» Baume-Schneider salue l'OMS pour son pilotage de l'hantavirus

ATS

18.5.2026 - 10:13

La Suisse salue l'OMS pour son pilotage de la réponse à l'hantavirus et à Ebola. Lundi à Genève, la conseillère fédérale Elisabeth Baume-Schneider a souhaité un système «réaliste» de partage d'indications des agents pathogènes et de contremesures face aux prochaines pandémies.

Elisabeth Baume-Schneider a salué le fait que l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a réussi à mener la réponse internationale face à l'hantavirus ou à Ebola malgré les coupes importantes dans l'institution (archives).
Elisabeth Baume-Schneider a salué le fait que l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a réussi à mener la réponse internationale face à l'hantavirus ou à Ebola malgré les coupes importantes dans l'institution (archives).
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Keystone-SDA

Ces dernières années, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a été attaquée, notamment par les Etats-Unis et l'Argentine désormais sortis, selon eux, de l'institution. Elle «est irremplaçable», a affirmé Mme Baume-Schneider au début de l'Assemblée mondiale de la santé.

Et d'ajouter qu'elle «joue pleinement son rôle» face à l'hantavirus et à la nouvelle épidémie d'Ebola. Et cela malgré une diminution de son enveloppe de près d'un milliard de dollars et près de 1300 licenciements en raison de la situation financière. L'OMS a dû se réformer «dans l'urgence» tout en garantissant son mandat, explique la cheffe du Département fédéral de l'intérieur (DFI).

Après ses hommages, le directeur général de l'organisation Tedros Adhanom Ghebreyesus a préféré laisser les honneurs à la ministre espagnole de la santé, largement applaudie par les Etats membres dans la salle pour l'évacuation réussie du MV Hondius il y a une semaine.

L'hantavirus et Ebola ne constituent «que les dernières crises dans un monde perturbé» par les conflits, les coupes financières et le changement climatique, a-t-il insisté.

Cette Assemblée mondiale de la santé s'ouvre alors que l'hantavirus, dont la menace reste peu élevée pour la santé publique mondiale, a ravivé des craintes dans les populations. L'OMS a également décrété que la nouvelle flambée d'Ebola en République démocratique du Congo (RDC) constituait une urgence sanitaire de portée internationale.

Pas encore d'annexe sur les pandémies

Contre les pandémies, les pays n'ont toujours pas trouvé de consensus sur l'annexe à l'accord historique arraché en 2025. Celle-ci doit régler le système de partages lié aux agents pathogènes (PABS). La Suisse veut des solutions «réalistes», «fonctionnelles» et avec un «mandat clair», dit Mme Baume-Schneider.

Face aux blocages entre pays riches et pays en développement, le groupe de négociations a décidé de proroger d'un an les discussions. Cette approche sera formalisée pendant l'Assemblée mondiale. Il y a un an, la conseillère fédérale avait estimé qu'il faudrait au moins un an et demi pour aboutir.

Ces dernières semaines, les pays riches ont mis sur la table une proposition de compromis autour d'une solution hybride qui mêlerait composantes obligatoires et volontaires. Mais plusieurs pays en développement ont alerté sur la menace de ne pas recevoir suffisamment de vaccins si le PABS en venait à prendre ces atours. Des ONG accusent les pays riches de vouloir revenir sur leurs engagements pris dans l'accord historique de l'année dernière.

Selon celui-ci, qui dépend d'un arrangement sur l'annexe pour entrer en vigueur, les entreprises pharmaceutiques volontaires s'engagent à garantir à l'OMS 10% de la production des vaccins par des dons et 10% à coûts abordables. L'objectif est d'éviter les inégalités observées au moment du coronavirus.

Appel à la «rénovation»

Mme Baume-Schneider insiste aussi sur l'importance du développement international du système de dépôt mondial des agents pathogènes accueilli au Laboratoire de Spiez (BE). Et elle suggère à l'OMS d'organiser en 2027 à Genève une réunion de tous les centres scientifiques mondiaux qui collaborent avec l'institution. La Suisse a déjà mené une rencontre à l'échelle nationale.

Pendant cette semaine, les 192 membres restants de l'OMS doivent décider s'ils valident ou non juridiquement la sortie des Etats-Unis de l'institution, même si Washington se considère déjà sorti. Ils doivent aussi avaliser un plan de réforme de la collaboration entre les différents acteurs de la santé.

«Le moment est venu d'une rénovation» sans lancer de nouvelle initiative, a dit M. Tedros, plaidant pour «la souveraineté nationale», «la solidarité» et «l'équité». Les candidats à sa succession pour diriger l'organisation pourraient aussi commencer à se montrer auprès des différents Etats.