Biden penser rallier les démocrates sur son plan d'investissements

ATS

28.10.2021 - 19:19

Joe Biden a annoncé jeudi, avant son départ pour l'Europe, les nouveaux contours de son plan de dépenses sociales et environnementales présenté comme «historique». Le président américain s'est dit confiant d'obtenir enfin le soutien de toutes les franges du parti démocrate.

epa09550990 US President Joe Biden speaks about the framework of his 'historic' multi-trillion dollar spending deal in the East Room of the White House in Washington, DC, USA, 28 October 2021. Biden spoke just before leaving for the G20 in Rome, Italy. EPA/JIM LO SCALZO
Joe Biden.
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28.10.2021 - 19:19

«Après des mois de négociations difficiles et intenses, nous avons un accord-cadre qui, je crois, peut être adopté», a-t-il tweeté avant de se rendre lui-même au Congrès.Pour rallier les centristes, il a consenti à ramener le montant de son plan à 1750 milliards de dollars sur une décennie, soit moitié moins que ce qu'il envisageait initialement.

Un accord représenterait une victoire politique majeure pour le président américain, qui a misé une partie de sa présidence sur l'adoption de plans d'investissements d'envergure pour réformer l'Amérique.

«Tout le monde est sur la même longueur d'ondes», a-t-il déclaré à son arrivée au Capitole, où il doit rencontrer les élus démocrates avant de revenir à la Maison Blanche pour y prononcer un discours à 11h30 (17h30 en Suisse).

«Le président Biden est convaincu qu'il s'agit d'un cadre qui peut être adopté par les deux chambres du Congrès, et il a hâte de le signer», avait indiqué plus tôt la Maison Blanche, qui espère un consensus après des mois de tensions autour du montant et des modalités de financement du plan «Build Back Better» ("Reconstruire en mieux").

Avant la COP26

Un accord de principe permettrait aussi au président américain de présenter à ses partenaires internationaux, en Italie pour le G20 puis à Glasgow (Ecosse) pour la COP26 sur le climat, l'image d'Etats-Unis engagés dans la transition énergétique et la croissance, ainsi que dans la lutte contre les inégalités sociales et l'évasion fiscale.

La Maison Blanche souligne que Joe Biden a entendu «les commentaires de toutes les parties» et «négocié de bonne foi» avec les sénateurs centristes Joe Manchin et Kyrsten Sinema dont les voix sont indispensables car la majorité démocrate au Sénat est si ténue qu'une seule voix dissonante équivaut à un véto.

Ces deux sénateurs ont jusqu'alors fait obstruction, jugeant le montant trop élevé et s'opposant à la manière de le financer notamment par des hausses d'impôts sur les sociétés ou les ménages les plus aisés.

Perte de compétitivité

Joe Biden et son administration n'ont eu de cesse, eux, de mettre en avant l'importance de ces plans, arguant que les Etats-Unis sont en perte de compétitivité et font figure de mauvais élève parmi les pays avancés, que ce soit en matière d'éducation, d'environnement ou de filet de sécurité sociale.

Dans un document détaillant les mesures, la Maison Blanche relève ainsi que ce plan permettrait «à la plupart des familles américaines d'économiser plus de la moitié de leurs dépenses de garde d'enfants» et «offrira(it) deux ans d'école maternelle gratuite pour chaque enfant de 3 et 4 ans en Amérique». Aujourd'hui, la majorité des écoles du pays n'accueillent pas les enfants avant l'âge de 5 ans.

555 milliards pour le climat

A l'adresse des participants de la COP26, la Maison Blanche souligne par ailleurs que le plan «Build Back Better» contient «le plus grand effort (financier) de lutte contre le changement climatique de l'histoire américaine», soit 555 milliards de dollars. La Maison Blanche maintient que ce plan peut être financé par «les grandes entreprises rentables».

Le projet de loi contient ainsi des mesures pour que ces entreprises «ne puissent pas réduire leur facture fiscale à zéro» et prévoit des dispositions pour que les millionnaires et milliardaires mettent davantage la main au pot. Outre le plan Build Back Better, le Congrès doit aussi valider un second plan de quelque 1000 milliards de dollars destiné à moderniser les infrastructures du pays.

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