Campagne de Turques contre la discrimination

ATS

7.6.2020 - 06:44

Selon le groupe de défense des droits des femmes «Nous ferons cesser le 'féminicide'«, 413 femmes ont été tuées par leur conjoint ou ex-conjoint en 2019 en Turquie (archives).
Source: KEYSTONE/EPA/ERDEM SAHIN

«Un homme ne doit pas rire en public», «il portait un minishort», «apprenez à conduire»: de nombreuses Turques ont renvoyé samedi aux hommes les remarques sexistes qu'elles subissent au quotidien. Plus de 400 femmes ont été tuées par leur conjoint en 2019 en Turquie.

Signe du ras-le-bol face au sexisme et aux violences endémiques dans une société patriarcale, le mot-dièse «que les hommes restent à leur place» était en tête des plus utilisés sur Twitter en Turquie samedi.

«Comment a-t-il fait pour obtenir ce poste? Il a dû coucher. De toute façon, il est tout le temps en jean slim», lançait ainsi une internaute, parmi les nombreux messages abordant le sexisme au travail.

«Je vois des hommes qui mettent des minishorts serrés, du parfum et qui s'esclaffent dans la rue. Après, ils se plaignent d'avoir été agressés sexuellement», écrivait une autre.

Avec la mairie d'Istanbul

Plusieurs personnalités, comme la chanteuse Sila, ainsi que la mairie d'Istanbul ont rejoint le mouvement. «A partir de 22h00, les chauffeurs de nos autobus permettront aux hommes de descendre où ils veulent, pour leur sécurité», a plaisanté cette dernière sur Twitter, faisant référence à une mesure similaire mise en place pour les femmes.

Cette avalanche de messages traduit la pression croissante que ressentent les femmes en Turquie, où les violences qu'elles subissent sont un mal persistant.

Selon le groupe de défense des droits des femmes «Nous ferons cesser le 'féminicide'«, 413 femmes ont été tuées par leur conjoint ou ex-conjoint en 2019 en Turquie.

Si le président Recep Tayyip Erdogan dénonce souvent les violences contre les femmes, les associations féministes l'accusent de ne pas en faire assez pour les empêcher. Elles accusent aussi M. Erdogan d'avoir banalisé le sexisme en exhortant par exemple les femmes à avoir «au moins trois enfants» ou en déclarant qu'elles étaient «incomplètes» avant d'être mères.

Retour à la page d'accueil

ATS