Le jour de ses 79 ans«C’est ce que les fascistes font» - Tollé en vue pour Donald Trump ?
Gregoire Galley
12.6.2025
Le jour des 79 ans de Donald Trump, Washington sera le théâtre samedi d'une rare parade militaire, quand à l'autre bout du pays, le président américain a mobilisé des milliers de soldats face aux manifestations contre sa politique migratoire à Los Angeles.
Le jour des 79 ans de Donald Trump, Washington sera le théâtre samedi d'une rare parade militaire.
ats
Agence France-Presse
12.06.2025, 07:26
12.06.2025, 07:42
Gregoire Galley
Que la capitale des Etats-Unis accueille un défilé militaire d'envergure est un événement rare. Le dernier remonte à plus de trente ans, à 1991, à la fin de la guerre du Golfe.
Vols suspendus, navigation sur le Potomac coupée, quasi 30 km de clôtures: Washington se met sur pause pour l'occasion et des centaines de milliers de spectateurs sont attendus.
Pas gêné par les interrogations sur la concomitance avec son anniversaire, Donald Trump se délecte d'avance de cette démonstration de force et de faste comme il les aime.
«On va crâner un petit peu», a-t-il jubilé mardi. «On a les meilleurs missiles du monde. Les meilleurs sous-marins du monde. Les meilleurs chars du monde. Le meilleur armement du monde. Et on va le célébrer», avait-il plastronné quelques semaines plus tôt.
A partir de 18h30 (22h30 GMT), près de 7.000 soldats, certains à cheval, beaucoup en tenues militaires de différentes époques, et quelque 150 véhicules militaires, survolés par une cinquantaine d'avions, défileront le long d'une partie du Mall, l'immense esplanade verte coeur de la capitale.
Des parachutistes doivent eux remettre un drapeau américain à Donald Trump le commandant en chef. Près d'une centaine de véhicules militaires ont traversé le pays par rail depuis le Texas et fini par rallier Washington en camions.
Pour Ydelka Schrock, qui habite dans la région, «quand vous êtes forts, vous n'avez pas besoin de le montrer». La quadragénaire prévoit de participer le même jour à la mobilisation nationale «No Kings» contre «l'autoritarisme» et «la militarisation de notre démocratie», qui ambitionne d'être «la plus importante depuis le retour au pouvoir de Donald Trump». Plus de 1.500 rassemblements sont identifiés à travers le pays.
«S'il y a des manifestations, il y sera répondu avec une très grande force, ce sont des gens qui détestent notre pays», a mis en garde Donald Trump mardi. «Le président est bien sûr favorable aux manifestations pacifiques», a nuancé la Maison Blanche depuis.
La parade de samedi, à l'occasion des 250 ans de l'armée de terre, intervient au moment où le président républicain a déployé à Los Angeles, sans concertation avec les autorités locales, près de 5.000 militaires, réservistes de la Garde nationale et même Marines.
Des manifestations contre les arrestations brutales d'immigrés ont éclaté ces derniers jours dans la deuxième plus grande ville des Etats-Unis, un mouvement ponctué de heurts sporadiques, parfois violents.
En première ligne des opposants qui s'insurgent contre cet envoi extrêmement rare de soldats, le gouverneur démocrate de Californie Gavin Newsom y voit «le fantasme fou d'un président dictatorial».
A Washington samedi, «il va forcer nos héros à participer à un spectacle vulgaire pour célébrer son anniversaire, comme d'autres dictateurs déchus l'ont fait par le passé», dénonce-t-il.
«Le jour de son anniversaire, c'est ce que les fascistes font», s'étrangle auprès de l'AFP John Tyler, un vétéran de la Guerre du Vietnam venu manifester quelques jours plus tôt dans la capitale américaine pour défendre les intérêts des anciens combattants.
«Vous coupez un tas de programmes mais vous allez dépenser beaucoup d'argent pour organiser une parade. Cet homme est égoïste. Il ne se soucie de personne d'autre que lui», enrage le septuagénaire. «Je ne sais pas comment les Américains ne l'ont pas encore saisi.»
L'idée d'une parade trottait de longue date dans la tête de Donald Trump, inspiré par le défilé parisien du 14 Juillet sur les Champs-Elysées auquel il avait assisté en 2017. «On va devoir essayer de faire mieux», avait-il ambitionné à l'époque.
Mais son projet ne s'était pas concrétisé jusque-là, notamment en raison des coûts exorbitants en jeu. Celui de samedi est estimé entre 25 et 45 millions de dollars par l'armée américaine. «Des clopinettes par rapport à la valeur» d'un tel événement, avait estimé en mai le président milliardaire sur la chaîne NBC en mai.