Menaces de Trump «C'est très effrayant parce que c'est quelque chose d'énorme» - Angoisse au Groenland

ATS

15.1.2026 - 07:24

La rencontre entre responsables danois, groenlandais et américains mercredi a laissé les habitants de l'île danoise convoitée par Donald Trump tiraillés entre angoisse et soulagement.

Keystone-SDA

Le ministre danois des Affaires étrangères Lars Løkke Rasmussen et son homologue groenlandaise Vivian Motzfeldt ont été reçus à la Maison Blanche par le vice-président JD Vance et le secrétaire d'État Marco Rubio.

A l'issue de cette rencontre, M. Løkke a exprimé son «désaccord fondamental» avec Donald Trump sur le sort du territoire arctique autonome sous souveraineté danoise, tandis que le président américain a dit «penser qu'une solution sera trouvée».

«C'est très effrayant parce que c'est quelque chose d'énorme», a commenté Vera Stidsen, une enseignante de 51 ans rencontrée à la sortie d'un supermarché de Nuuk, la capitale groenlandaise. «J'espère qu'à l'avenir nous pourrons continuer à vivre comme nous l'avons fait jusqu'à présent: en paix et sans être dérangés», a-t-elle dit à l'AFP.

En amont de la rencontre, les drapeaux groenlandais ont fleuri dans les devantures des boutiques de Nuuk, aux fenêtres des habitations, sur le toit des voitures et des autobus, et même sur le câble d'une grue.

«L'inquiétude et l'angoisse ne sont pas une faiblesse: ce sont des réactions humaines», a écrit la municipalité sur sa page Facebook, en publiant diverses images du drapeau rouge et blanc.

«Vivre en paix»

Face aux déclarations de Donald Trump qui a assuré que les Etats-Unis mettraient «d'une manière ou d'une autre» la main sur le Groenland, les dirigeants groenlandais s'emploient à maintenir la cohésion parmi les 57'000 habitants de l'île. «Ils ne sont pas parvenus à un accord mais je garde espoir car je veux vivre en paix», a confié Frederik Henningsen, un agent d'entretien de 64 ans.

Secrétaire de direction, Ivaana Egede Larsen, 43 ans, a regardé dans un café, les larmes aux yeux, la conférence de presse donnée par M. Løkke et Mme Motzfeldt après la rencontre à Washington.

«Je suis plus calme maintenant, et je me sens plus en sécurité», a-t-elle dit à l'AFP, alors que certains Groenlandais craignaient une humiliation comme celle infligée au président ukrainien Volodymyr Zelensky à la Maison Blanche l'an dernier.

«Ces derniers temps, nos coeurs se sont sentis très vulnérables face au ton très direct et très agressif adopté par Trump à propos du Groenland», a-t-elle raconté. Dans une boutique de Nuuk, un tee-shirt «Greenland is not for sale» ("Le Groenland n'est pas à vendre") est quasiment épuisé, a constaté l'AFP.