Sens des affaires... ou corruption?Comment Trump transforme sa présidence en une juteuse manne immobilière
Dominik Müller
13.5.2026
Donald Trump dirige les États-Unis tout en continuant à tirer profit d’un empire immobilier déployé aux quatre coins du monde. De Dubaï à l’Inde, de nouveaux projets de luxe estampillés Trump continuent de sortir de terre. Pour ses détracteurs, ces affaires incarnent un conflit d’intérêts d’une ampleur inédite.
Le président américain Trump lors d'une visite de son terrain de golf à Turnberry, en Écosse.
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Dominik Müller
13.05.2026, 23:31
14.05.2026, 08:21
Dominik Müller
Pas le temps ? blue News résume pour toi
Un projet de Trump Tower en Australie a été stoppé.
Parallèlement, la Trump Organization poursuit son expansion dans le monde entier - avec des projets de luxe au Proche-Orient, en Inde, en Asie du Sud-Est, en Europe et en Amérique latine.
Les critiques y voient des conflits d'intérêts massifs, car Donald Trump continue de profiter financièrement des affaires à l'étranger de son entreprise familiale malgré sa présidence.
Imaginons un instant qu’Ignazio Cassis, en plus de ses fonctions au Conseil fédéral, possède une entreprise active à l’étranger, alors même qu’il négocie quotidiennement avec des chefs d’État en tant que ministre des Affaires étrangères. Nul besoin de sombrer dans le complotisme pour voir à quel point la frontière entre intérêt public et enrichissement privé deviendrait floue.
En Suisse, un tel scénario semblerait inconcevable. Aux États-Unis, c’est pourtant une réalité: la Trump Organization, propriété du président américain Donald Trump, pilote un vaste portefeuille d’actifs immobiliers de luxe répartis sur plusieurs continents. L’entreprise vient toutefois d’essuyer un revers. Le projet de Trump Tower à plusieurs milliards de dollars prévu sur la Gold Coast australienne a été abandonné.
Le promoteur australien Altus Property Group a justifié sa décision par l’image devenue, selon lui, de plus en plus « toxique » de la marque Trump, évoquant également le contexte de guerre avec l’Iran. Le projet représentait environ 1,5 milliard de dollars australiens et devait comprendre des appartements de standing, un hôtel et des espaces commerciaux. Depuis, toute mention du projet a disparu du site de la Trump Organization.
La Trump Organization
La Trump Organization est une nébuleuse privée regroupant des centaines de sociétés sous la bannière Trump. Fondée à l’origine par Fred Trump, le père de Donald Trump, elle était au départ un groupe immobilier new-yorkais relativement classique. Sous l’impulsion de son fils, elle s’est transformée en marque internationale associée aux hôtels de luxe, résidences haut de gamme, golfs et complexes sous licence à travers le monde.
Donald Trump reste le propriétaire de l’entreprise. Après son arrivée à la Maison-Blanche en 2017, il a bien confié la gestion opérationnelle à ses fils Donald Trump Jr. et Eric Trump. Mais ses parts sont restées logées dans un trust familial révocable: le « Donald J. Trump Revocable Trust ». Depuis des années, les spécialistes de l’éthique publique soulignent donc qu’il continue, de fait, à profiter financièrement de ces activités.
Dirigent les affaires opérationnelles de la Trump Organization : Eric Trump (à gauche) et Donald Trump Jr.
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Aujourd’hui, c’est surtout Eric Trump qui apparaît comme le visage de l’expansion internationale du groupe. En tant qu’Executive Vice President, il supervise de nombreux projets à l’étranger et multiplie les apparitions aux côtés d’investisseurs locaux.
Le modèle économique repose souvent sur des accords de licence. Dans bien des cas, la Trump Organization ne construit pas directement les projets : elle vend l’usage du nom « Trump » à des promoteurs immobiliers ou hôteliers. En échange, l’entreprise perçoit des droits de licence et des frais de gestion, sans nécessairement engager ses propres capitaux.
Selon une enquête de l’organisation anticorruption américaine Crew, plus de deux douzaines de projets Trump sont actuellement en cours de développement ou de planification hors des États-Unis.
Proche-Orient
C’est au Proche-Orient que l’expansion est aujourd’hui la plus spectaculaire. De nouveaux projets de luxe estampillés Trump sont en développement en Arabie saoudite, à Oman, au Qatar et dans les Émirats arabes unis.
À Oman, notamment, un vaste complexe mêlant hôtel de luxe, golf et villas est en construction. D’après Crew, le projet est édifié sur des terrains appartenant à l’État et entretient des liens étroits avec l’autorité touristique omanaise. Des partenariats existent également avec un groupe immobilier saoudien réputé proche du pouvoir à Riyad.
Visualisation du Trump International Hotel, qui devrait être construit dans la capitale omanaise Mascate d'ici 2028.
Trump Organization
De nouveaux projets ont aussi été annoncés ou étendus à Doha et à Dubaï. Pour les critiques, le problème est évident: ces États, alliés stratégiques de Washington sur les plans sécuritaire et économique, pourraient exercer une forme d’influence indirecte sur le président américain à travers ces intérêts commerciaux. Crew évoque ainsi des « conflits d’intérêts massifs », d’autant plus sensibles dans un contexte régional déjà déstabilisé par la guerre en Iran engagée par les États-Unis.
Inde
L’Inde occupe une place centrale dans la stratégie internationale du groupe. Plusieurs Trump Towers existent déjà dans des métropoles comme Mumbai, Pune ou Gurgaon, tandis que d’autres projets sont en préparation ou en chantier. Selon Crew, des partenaires indiens travaillent actuellement sur huit projets Trump à travers le pays.
Donald Trump Jr. (au centre) lors de l'inauguration de la tour 2 des Trump Towers à Pune le 21 février 2018.
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L’Inde est ainsi devenue le principal marché de croissance de la Trump Organization à l’international. Ces tours résidentielles ultra-luxueuses ciblent une clientèle fortunée et incarnent, dans de nombreuses villes, un marqueur de prestige social.
Pour Trump, l’Inde représente une opportunité économique majeure, mais aussi un terrain politiquement sensible. Les États-Unis considèrent en effet New Delhi comme un partenaire géopolitique essentiel dans la région indo-pacifique. Dès lors, les décisions américaines en matière commerciale ou sécuritaire peuvent avoir des conséquences directes sur les intérêts privés de la famille Trump.
Asie du Sud-Est
L’expansion se poursuit également en Asie du Sud-Est. Au Vietnam, plusieurs complexes hôteliers de luxe et terrains de golf ont été annoncés. En Indonésie, le groupe collabore avec des partenaires locaux sur de vastes projets immobiliers et touristiques.
Dans la province viatnamienne de Hung Yen, près de la capitale Hanoi, un immense terrain de golf Trump devrait un jour voir le jour.
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Europe
En Europe aussi, la Trump Organization reste active. Les complexes de golf en Écosse et en Irlande, détenus depuis plusieurs années par Donald Trump, figurent parmi les actifs les plus connus du groupe. Le resort écossais de Turnberry, en particulier, constitue l’un des symboles du prestige recherché par la famille Trump.
Donald Trump accueille le Premier ministre britannique Keir Starmer et sa femme Victoria Starmer en juillet 2025 sur le terrain de golf Trump de Turnberry.
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La Turquie occupe toutefois une place singulière. Depuis 2012, les Trump Towers Istanbul dominent le paysage de la métropole turque: deux tours regroupant bureaux, centre commercial et appartements de luxe. Le projet a été développé avec l’homme d’affaires turc Aydın Doğan, tandis que Donald Trump percevait des revenus de licence liés à l’utilisation de son nom.
Les Trump Towers à Istanbul : l'une des tours est une tour de bureaux, l'autre une tour d'habitation avec plus de 200 appartements.
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Durant son premier mandat présidentiel, ce projet a suscité de nombreuses interrogations : comment gouverner les relations avec Ankara tout en conservant des intérêts économiques dans le pays ? Donald Trump lui-même avait reconnu à l’époque avoir « un petit conflit d’intérêts » du fait de son important projet immobilier à Istanbul.
Dans les Balkans également, de nouveaux projets sont régulièrement évoqués. La Serbie, notamment, a récemment attiré l’attention après des informations faisant état de contacts entre des proches de Trump et de hauts responsables serbes autour de possibles développements immobiliers à Belgrade.
Amérique latine
En Amérique latine, l’Uruguay figure parmi les implantations emblématiques du groupe. Une Trump Tower a été inaugurée il y a plusieurs années à Punta del Este, station balnéaire huppée du pays. Le bâtiment compte parmi les réalisations Trump les plus visibles hors d’Amérique du Nord.
Pendant la construction de la Trump Tower à Punta del Este, on pouvait voir sur des bannières publicitaires qui était derrière le projet. Au vu de la couleur du visage, il est clair que cela ne plaisait pas à tout le monde.
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Ce projet illustre parfaitement le fonctionnement international de la Trump Organization : le nom Trump est exploité comme une marque de luxe, tandis que les investisseurs locaux prennent en charge le développement et le financement.
Pourquoi ces projets sont-ils politiquement problématiques ?
Depuis des années, le principal reproche adressé à Donald Trump tient à l’absence de séparation claire entre ses fonctions présidentielles et ses intérêts privés. Contrairement à la tradition suivie par la plupart des présidents américains, il n’a jamais cédé ses participations dans ses entreprises. Il en a simplement confié la gestion quotidienne à ses fils, tout en restant propriétaire.
Cette situation crée des conflits d’intérêts potentiels dans pratiquement tous les pays où la Trump Organization est active. Lorsqu’un gouvernement accorde un permis de construire, un avantage fiscal ou soutient un projet d’infrastructure, ce sont indirectement les affaires du président américain qui peuvent en bénéficier. À l’inverse, certaines décisions prises à Washington peuvent avoir un impact direct sur les revenus privés de Donald Trump.
Les critiques soulignent également l’opacité de la structure du groupe. La Trump Organization repose sur un enchevêtrement de centaines de filiales qui répartissent actifs et flux financiers. Il devient alors difficile de distinguer les projets directement détenus par Trump de ceux qui relèvent uniquement d’accords de licence. Pour de nombreux experts en éthique publique aux États-Unis, ce mélange des genres entre pouvoir politique et intérêts commerciaux privés n’a tout simplement aucun précédent.
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Notice sur l’IA: cet article a été traduit de l’allemand à l’aide de l’intelligence artificielle.